Coronavirus - "La possibilité d'une vague de 'syndromes post-soins intensifs'" est à envisager

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

Une hospitalisation en soins intensifs, "où la vie suspend son cours normal", laisse des traces, qui peuvent être durables chez certains patients, Covid-19 ou non. On parle de "syndrome post-soins intensifs", écrit dans un rapport publié jeudi le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE). Ce dernier veut attirer l'attention des médecins généralistes afin de détecter au mieux ces problèmes.L'augmentation du nombre de patients en soins intensifs à la suite de l'épidémie de nouveau coronavirus risque à son tour d'entraîner une hausse de ces syndromes. Non seulement ce syndrome "est peu connu du monde médical et du grand public, mais les patients qui ont séjourné aux soins intensifs ne font pas l'objet d'un suivi systématique après leur sortie", souligne la Dr. Germaine Hanquet, responsable du rapport. Ce syndrome peut se manifester en trois types symptômes, explique le KCE. Les premiers à apparaître sont des signes physiques, déjà présents à la sortie de l'unité de soins intensifs, comme une faiblesse musculaire extrême. Des problèmes cognitifs peuvent aussi survenir chez 20 à 40% des patients: pertes de mémoire, difficultés à s'exprimer, troubles de l'attention... Des symptômes psychologiques ne sont pas non plus à négliger, tels que de l'anxiété, de la dépression, chez 20 à 35% des patients. "Nombreux sont ceux qui rapportent que le retour à la vie quotidienne est une phase émotionnellement difficile et stressante." Enfin un cinquième des patients développent un véritable syndrome de stress post-traumatique et des proches peuvent aussi connaître des problèmes psychologiques. Les conséquences peuvent donc être lourdes et doivent faire l'objet d'une attention particulière. C'est pourquoi, avec son rapport, le KCE propose aussi aux médecins une série de six tests rapides pour les diagnostiquer. Enfin, les employeurs devront être sensibilisés aux conséquences d'un séjour en soins intensifs, estime le rapport. En effet, les patients qui reprennent le chemin du travail "sont souvent confrontés à des pertes d'emploi, des changements de poste ou de profession, ou des réductions" de leurs horaires. (Belga)
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