Crash d'un avion malaisien en Ukraine - Le Premier ministre néerlandais déçu de l'attitude de la Russie quant au vol MH17

Publié le à BRUXELLES (NL)

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s'est dit jeudi, en marge d'un sommet européen à Bruxelles, "surpris" et "déçu" par la décision unilatérale de la Russie de se retirer des consultations avec les Pays-Bas et l'Australie sur le crash du vol MH17, abattu en 2014 au dessus de l'Ukraine. "C'est douloureux pour les proches" des victimes, a-t-il souligné. "Nous voulons poursuivre les négociations afin de répondre aux attentes des 298 victimes et de leurs proches", a-t-il poursuivi. Les Pays-Bas "et l'Australie sont plus que motivés de mener à bien ce projet et n'écartent aucune option", selon le Premier ministre néerlandais. La Russie a annoncé jeudi qu'elle se retirait des consultations avec les Pays-Bas et l'Australie sur le crash du vol MH17, un Boeing 777 de la compagnie Malaysian Airlines qui effectuait la liaison entre Amsterdam et Kuala Lumpur le 17 juillet 2014. L'appareil avait été touché en plein vol par un missile BUK de conception soviétique au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Les 298 personnes à bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais et 38 Australiens, avaient été tuées. Le président d'une association de victimes néerlandaise Piet Ploeg, qui a perdu son frère, sa belle-soeur et son neveu dans la catastrophe, a jugé pour sa part "inadmissible que la Russie continue d'empêcher la vérité d'éclater". "C'est une gifle à la figure des proches." L'association espère que les Pays-Bas réagiront en conséquence. "Si la voie diplomatique n'aboutit pas, ils devront porter l'affaire devant une juridiction supérieure." Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok a, de son côté, indiqué dans une lettre au parlement avoir convoqué l'ambassadeur de Russie aux Pays-Bas et lui avoir exprimé ses "profonds regrets". M. Blok a toutefois affirmé rester "attaché à la poursuite des négociations". Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a, pour sa part, estimé dans un communiqué publié par son bureau que ce retrait "est un témoignage éloquent de la peur de la vérité sur ce qui s'est passé le 17 juillet 2014 dans le ciel au-dessus du Donbass", la région ukrainienne où il s'est écrasé. La diplomatie russe déplore, elle, l'annonce du gouvernement néerlandais en juillet, "après seulement trois rounds des consultations", de traduire en justice la Russie devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) "pour son rôle dans la destruction du vol MH17". Les Pays-Bas "manifestent ainsi leur intention ferme de poursuivre le chemin vicieux (...) d'imputer de manière unilatérale la responsabilité à la Russie pour ce qu'il s'est passé", estime-t-elle. Les Pays-Bas ont ouvertement accusé la Russie de la mort de ses ressortissants. Moscou a, de son côté, toujours nié avec véhémence toute implication dans le crash et a rejeté la faute sur Kiev. "L'Australie et les Pays-Bas n'ont visiblement pas cherché à comprendre ce qui s'est vraiment passé à l'été 2014, mais voulaient seulement obtenir des aveux de la Russie et obtenir des compensations pour les proches des victimes", a accusé la diplomatie russe. Moscou va "poursuivre sa coopération" avec les Pays-Bas dans le cadre de l'enquête sur le crash, mais "sous un format différent", selon le communiqué. En mars, la justice néerlandaise a débuté le procès de quatre suspects, trois Russes et un Ukrainien, accusés d'avoir provoqué le drame. (Belga)
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