Des milliers de manifestants à Bangkok pour demander la démission du Premier ministre

Publié le à BANGKOK

Plusieurs milliers de manifestants pro-démocratie étaient rassemblés mercredi soir à Bangkok pour réclamer la démission du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, certains exhortant à une réforme de la puissante monarchie, un sujet tabou il y a encore peu dans le royaume. Le cortège est parti en début d'après-midi du Monument de la Démocratie au centre de la capitale thaïlandaise, scandant "A bas la dictature", "Prayut dehors" et "Vive la démocratie". Les contestataires ont été stoppés brièvement par des barrages de police, puis les forces de l'ordre ont finalement renoncé à les arrêter et quelque 8.000 personnes, selon les autorités, ont réussi à atteindre la Maison du gouvernement en début de soirée. "Nous ne partirons pas tant que Prayut Chan-O-Cha n'aura pas démissionné", a lancé un des leaders du mouvement, Anon Numpa. Le long du trajet, plusieurs centaines de partisans pro-royalistes, vêtus de jaune, la couleur du roi, s'étaient rassemblés pour venir saluer et soutenir le monarque Maha Vajiralongkorn. Ce dernier, qui séjourne très fréquemment en Europe, est actuellement en Thaïlande où il préside plusieurs cérémonies et son convoi ne pouvait éviter le parcours de la manifestation. Hormis quelques brèves échauffourées, les deux camps, pro-royaliste et anti-establishment, ont maintenu leurs distances. Il s'agit de la première fois qu'ils se retrouvaient face-à-face depuis le début du mouvement de contestation, qui a fleuri cet été au sein d'une partie de la jeunesse thaïlandaise. Les militants pro-démocratie demandent une réforme en profondeur de la royauté, une revendication encore impensable il y a quelques mois dans le pays où la famille royale est protégée par une des plus sévères lois de lèse-majesté au monde. Les manifestants demandent aussi le départ du Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, au pouvoir depuis un coup d'Etat en 2014 et légitimé par des élections controversées l'année dernière. Ils réclament enfin une modification de la Constitution, mise en place en 2017 sous la junte et très favorable à l'armée. Les leaders du mouvement pro-démocratie espéraient rassembler plusieurs dizaines de milliers de manifestants mercredi, jour du 47e anniversaire du soulèvement étudiant de 1973. Pour le moment, ils semblent avoir attiré moins de monde que lors de la dernière grande manifestation, qui avait réuni quelque 30.000 personnes en septembre dans la capitale. (Belga)
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