Italie : appels à la dissolution d'un groupuscule d'ultradroite après des violences à Rome

Publié le à Rome

Les appels se multipliaient lundi en Italie pour interdire le groupuscule d'ultradroite Forza Nuova, mis en cause après les violentes manifestations contre le pass sanitaire samedi à Rome.Plusieurs centaines de personnes se sont opposées samedi soir à la police dans le centre de Rome, dévastant entre autres, le siège de la CGIL (gauche), principale confédération syndicale du pays. L'assaut est intervenu après une manifestation contre l'obligation, à partir du 15 octobre, du pass sanitaire dans tous les lieux de travail. Parmi les personnes interpellées figuraient des responsables de ce mouvement. Lundi, des personnalités politiques de tous bords ont condamné les violences, le Parti démocrate (PD, centre-gauche) et le Mouvement cinq étoiles (M5S, antisystème), membres de la coalition au pouvoir, signant une motion au parlement pour appeler à la dissolution de Forza Nuova. Dans le même temps, le site internet du mouvement a été fermé par la justice dans le cadre d'une enquête pour "incitation à la violence".  Pour le chef du PD Enrico Letta, ancien chef du gouvernement, les événements survenus samedi sont comparables à la prise d'assaut du Capitole américain à Washington par des partisans de Donald Trump.  "Des groupes néo-fascistes ont essayé d'utiliser la délicate situation (liée au coronavirus, ndlr) pour se livrer à des actes d'insurrection. C'est ni plus ni moins que ce qui s'est passé aux États-Unis le 6 janvier", a-t-il déclaré. Forza Nuova est un parti d'ultradroite néo-fasciste créé en 1997 dont le programme prévoit, entre autres, l'interdiction de l'avortement, l'arrêt de l'immigration ou l'abrogation des lois punissant l'incitation à la haine pour des raisons politiques, de race ou de religion. Son dirigeant actuel, Roberto Fiore, 62 ans, père de onze enfants, a été reconnu coupable dans les années 1980 de crime subversif et de fondation d'un mouvement politique armé d'extrême droite. Aux divers scrutins auquel il s'est présenté, seul ou en coalition avec d'autres groupuscules d'ultradroite, il n'a jamais atteint 0,5% des voix. Au plan national, les partis d'extrême-droite arrivent en tête des sondages, notamment La Ligue de Matteo Salvini et Fratelli d'Italia (Frères d'Italie) de Giorgia Meloni. Matteo Salvini a déclaré lundi que La Ligue ne signerait pas la motion parlementaire, tandis que pour Giorgia Meloni le gouvernement dispose déjà des pouvoirs nécessaires pour dissoudre les groupes visés. (Belga)
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