JO 2020: "la présence des transgenres est un progrès historique, mais rééquilibrons les choses"

Publié le à Hasselt (Belgique)

Anna Van Bellinghen a été officiellement sélectionnée jeudi pour les Jeux Olympiques de Tokyo. L'haltérophile bruxelloise va découvrir à 27 ans les JO dans une catégorie, 87 kg et plus, qui va être particulièrement suivie. En effet, parmi les concurrentes figurera la première sportive transgenre de l'histoire des Jeux : la Néo-Zélandaise Laurel Hubbard.Une participation qui soulève la polémique essentiellement autour de l'équité sportive. Anna Van Bellinghen, directement concernée, a un avis bien argumenté sur la question. "Je ne suis pas en colère. Les règles sont ce qu'elles sont. Cette athlète a le droit de participer" a-t-elle confié à Belga. "Je comprends que d'un point de vue historique on prenne la décision de dire que les transgenres femmes peuvent participer aux compétitions. C'est un progrès historique. Mais il faut trouver un équilibre. D'un point de vue éthique et de justice, on peut se poser des questions. Dans ce cas particulier la différence de niveau entre la compétition masculine et le niveau qu'elle peut atteindre dans les compétitions féminines est énorme. On parle de quelqu'un qui avait un niveau national en Nouvelle-Zélande et qui devient vice-championne du monde en 2017, se qualifie pour les Jeux Olympiques avec des espoirs de médaille. J'espère qu'on se posera les bonnes questions et qu'on arrivera à trouver une solution." Gavin Hubbard est devenu femme il y a huit ans alors qu'elle était âgée de 35 ans. Après une année de traitement, elle a abaissé son niveau de testostérone à 10 nanomol par litre comme le requiert le règlement en haltérophilie. L'athlétisme a placé sa limite à 5 nmol/litre. Hubbard a atteint 300 kg en compétition chez les messieurs et 285 kg chez les femmes. "Je n'ai rien du tout contre le fait que les transgenres participent aux compétitions. Mais il faut que cela soit sur un pied d'égalité ou d'un peu plus d'égalité", poursuit la future Olympienne belge. "Là, on parle d'une discipline de force où l'homme a un avantage énorme avec 30% de différence entre homme et femme au niveau des performances. En sprint c'est 10%. Ici, cela fausse la compétition. J'espère que ce sera un précédent et qu'on va analyser les modalités de participation des transgenres. On a clairement mis le curseur beaucoup trop d'un côté. Il faudrait le ramener au milieu. Mais si on laisse passer et qu'on ne dit rien, rien ne changera et ce n'est vraiment pas juste." (Belga)
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