L'industrie pétrolière à l'origine de fuites de méthane en Mer du Nord

Publié le à BRUXELLES (België)

Des militants de Greenpeace qui se trouvaient à bord de l'Esperanza ont détecté une importante fuite de méthane dans la zone d'activités économiques britannique de la Mer du Nord. A l'aide d'un véhicule sous-marin télécommandé, ils ont en effet pu filmer deux cratères émettant du méthane à environ 100 mètres de profondeur, indique l'organisation écologique vendredi dans un communiqué. Les cratères ont, selon Greenpeace, un diamètre variant de 15 à 50 mètres et une profondeur de 9 à 20 mètres. La fuite s'est produite quand une poche de gaz a été percée lors de travaux de forage effectués pour le compte de Mobil North Sea (actuellement Exxon Mobil) en 1990. Du méthane s'échappe toujours depuis lors. Ce gaz est 28 fois plus puissant que le dioxide de carbone, rappelle l'organisation. "Comme en de nombreux endroits en Mer du Nord, du méthane nocif pour le climat s'échappe depuis des décennies mais au lieu de colmater la fuite et de la surveiller, l'industrie pétrolière et gazière continue a forer le sol marin tandis que les responsables détournent le regard", explique le docteur Sandra Schöttner, biologiste marine et responsable de la campagne océan en charge du travail scientifique à bord de l'Esperanza. Une équipe internationale de scientifiques s'est rendue sur place et a estimé en 2015 que 90 litres de méthane s'échappaient à la seconde. Le puits a été cédé par Exxon Mobil à l'État britannique, qui a jugé en 2000 qu'une surveillance plus poussée n'était pas nécessaire, en supposant que la réserve de gaz serait bientôt épuisée, mais 30 ans plus tard, ce gaz à effet de serre continue à s'échapper dans l'atmosphère, poursuit Greenpeace. Selon une étude indépendante récente, de 8.000 à 30.000 tonnes de méthane s'échappent de plus de 15.000 puits de forage en Mer du Nord qui s'ajoutent aux 72.000 tonnes de méthane émises par les plateformes qui y sont actives. "L'industrie pétrolière et gazière alimente la crise climatique et pollue nos océans depuis des décennies. Cette industrie n'a pas sa place dans le nouveau monde vert que nous devons construire après la pandémie de coronavirus. Nous avons besoin d'une transition rapide vers des sources d'énergie renouvelables et d'un déplacement des énergies fossiles vers des industries ayant un avenir", ajoute encore le docteur Schöttner. (Belga)
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