Le président de la CEDH appelle la Turquie à exécuter les arrêts de la Cour

Publié le à ISTANBUL (TUR)

Le président de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a appelé jeudi Ankara à exécuter les arrêts de la Cour, lors d'une visite en Turquie qui a suscité beaucoup de critiques. Lors d'une rencontre avec le chef d'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, le président de la CEDH, Robert Spano, a rappelé "l'obligation des États d'exécuter les arrêts de la Cour", a indiqué la CEDH sur Twitter. Des défenseurs des droits humains reprochent à la Turquie de faire fi des arrêts de la CEDH dans de nombreux cas politiques, notamment dans ceux d'Osman Kavala, un mécène turc détenu pour "tentative de renversement du gouvernement" ou de Selahattin Demirtas, leader kurde emprisonné pour "terrorisme". Osman Kavala est incarcéré depuis près de trois ans en dépit d'une demande de la CEDH de le libérer et d'un acquittement rendu par un tribunal turc. Selahattin Demirtas est détenu depuis près de quatre ans, alors que la CEDH avait demandé sa libération en 2018. Ankara justifie leur maintien en prison par de nouveaux chefs d'accusation. Lors de sa rencontre avec M. Erdogan, le président de la CEDH a souligné l'importance de l'indépendance du pouvoir judiciaire et de la liberté d'expression, selon un communiqué publié par la Cour. Le juriste italo-islandais, qui a pris la tête de la CEDH en mai dernier, doit recevoir vendredi un doctorat honoraire de l'Université d'Istanbul. L'annonce de cette distinction a suscité des critiques car des milliers d'universitaires ont été touchés par la vague de répression qui a suivi la tentative de coup d'Etat en 2016. Emma Sinclair-Webb, directrice de Human Rights Watch en Turquie, a exprimé sa "stupeur" que M. Spano ait accepté ce doctorat honoraire. La Turquie arrive en tête des pays qui ont commis le plus de violations depuis la création de la CEDH en 1959, avec 3.224 condamnations. À la suite de la tentative de coup d'Etat en 2016, de nombreux journalistes, universitaires, activistes et opposants ont été arrêtés et plusieurs médias interdits d'activité. Actuellement, 92 journalistes sont derrière les barreaux, selon la Plateforme pour le journalisme indépendant. (Belga)
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