Le président du Comité R dénonce le désinvestissement dans les services de renseignement

Publié le à Bruxelles (Belgique)

Le président du Comité de contrôle des services de renseignement (comité R), Serge Lipszyc, a dénoncé jeudi sur la RTBF le désinvestissement matériel et humain dont souffrent depuis des années les services de renseignement en Belgique, sous le feu des critiques dans l'affaire Jürgen Conings."Nous avons des systèmes informatiques, de numérisation, archaïques dans les services de renseignement, ils sont seulement en train d'essayer de les moderniser. Il n'y a aucune connexion entre les différentes banques de données, aucun système sécurisé permettant aux services de renseignement de pouvoir même dialoguer, pas de GSM, pas de système permettant de travailler à domicile en période Covid", a énuméré le magistrat, sur le plateau de Jeudi en prime (RTBF). "Depuis des années, on interpelle sur des problèmes fonctionnels et d'investissements", a ajouté M. Lipszyc, qui fut aussi conseiller du Premier ministre Charles Michel. "Il y a un désinvestissement de l'État", a-t-il dénoncé, citant aussi la Justice et la Santé. Il a rappelé que la commission parlementaire sur les attentats de Bruxelles avait déjà, en 2017, stigmatisé l'absence de banque de données commune aux deux services de renseignement: le SGRS (renseignement militaire) et la Sûreté de l'État (renseignement civil). Le premier "manque de 20% de personnel, ce n'est pas neuf", tandis que la seconde "est capable de suivre au quotidien 20% de ses dossiers", selon Serge Lipszyc. Des audits externes menés ces dernières années pour le Comité R sur le SGRS ont aussi déjà fait état de "non fonctionnements", ce qui a poussé le Comité à suggérer de modifier le management. "La structure totale du SGRS a été transformée en janvier 2020, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain, il faut donc prendre en compte aussi ce contexte", a-t-il nuancé. Serge Lipszyc ne se montre pas convaincu à l'idée de fusionner les deux services de renseignement. "Ce n'est pas en mettant les deux structures ensemble qu'on va nécessairement faire mieux, donnons-leur d'abord les moyens nécessaires", a-t-il exhorté. En outre, en 2017, la commission parlementaire n'était pas parvenue à un accord politique sur une telle fusion, a-t-il rappelé. Le magistrat a aussi insisté sur la diversité de la menace, à Bruxelles en particulier, à travers l'espionnage international et la volonté d'ingérence d'États étrangers pour agir sur les communautés, les opposants politiques, via la manipulation ou la menace. "Il y a eu ces quatre dernières années dans le monde démocratique plus d'expulsions de diplomates (des espions sous couverture) que durant toute la Guerre froide", a-t-il illustré. Le Comité R doit rendre pour juillet un rapport d'enquête sur l'affaire Jürgen Conings, ce militaire fiché comme extrémiste potentiellement violent et en fuite depuis dix jours après avoir dérobé des armes et des munitions. (Belga)
© 2021 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info