Le Sénat approuve son budget... sans échapper au débat sur son rôle

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

Le Sénat a approuvé vendredi en séance plénière ses dépenses pour l'année passée et ses prévisions budgétaires pour 2021. La Haute assemblée poursuit ses économies et son budget passera désormais sous la barre des 40 millions d'euros. Ces efforts ne sont toutefois pas suffisants pour les - habituels - détracteurs de l'institution qui ont plaidé une nouvelle fois pour sa suppression.Les prévisions budgétaires pour l'an prochain prévoient un budget de 39,6 millions d'euros. La moitié de cette somme sert au paiement du personnel de l'assemblée et 25% aux collaborateurs politiques. Le salaire des sénateurs ne représente quant à lui que 2,9% du budget, la rémunération de 50 des 60 sénateurs étant payée par le parlement régional dont ils sont issus. Les partis d'opposition N-VA et le Vlaams Belang - adversaires du maintien du Sénat - ont profité de l'occasion pour répéter leur revendication d'une suppression de cette assemblée. Au fil des réformes de l'État, l'institution a vu ses compétences législatives et de contrôle du gouvernement considérablement réduites. Aux yeux des nationalistes, elle est devenue "politiquement irrelevante". "Où est la plus-value de cette institution?", s'est demandé le chef de groupe N-VA, Karl Vanlouwe. La persistance de ce débat a agacé plusieurs groupes politiques. "Un certain nombre de formations politiques ont tout fait pour que le Sénat ne fonctionne pas ou fonctionne a minima", a déploré le chef de groupe MR, Gaëtan Van Goidsenhoven. Derrière cette volonté de supprimer le Sénat, se cache autre chose selon l'Open Vld. "Le problème de certains, c'est le drapeau belge qui flotte au-dessus du Sénat. La plus grande erreur de la dernière réforme de l'État, c'est peut-être d'avoir conservé le nom du Sénat. Le Sénat est aujourd'hui le lieu de rencontres des différentes entités du pays. La vraie question, c'est de savoir si une Chambre des entités fédérées est nécessaire, qu'elle s'appelle ou non Sénat", a dit pour sa part Rik Daems (Open Vld). La réforme de l'État qui sera préparée sous cette législature doit être l'occasion pour l'instition de jouer son rôle, estime Bert Anciaux (sp.a). "Le Sénat doit jouer son rôle et le fera. C'est l'institution où les entités fédérées participent au débat institutionnel", a-t-il fait remarquer. Le Vlaams Belang a mené mercredi une campagne sur Facebook où il a annoncé qu'il avait mis le Sénat à vendre sur le site 2emain.be. "Le parti d'extrême droite flamand veut vendre le Sénat pour un euro? À mon tour, je mettrais bien ce parti en vente pour un euro, car, s'ils se questionnent sur l'utilité du Sénat, je peux en faire de même à leur propos. Ce qu'ils font, c'est saper le travail parlementaire !" avait réagi la cheffe du groupe PS du Sénat, Latifa Gahouchi. (Belga)
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