Législatives en Irak : le courant sadriste se revendique première force au Parlement

Publié le à Bagdad

Donné favori pour les législatives en Irak, le courant de l'influent leader chiite Moqtada al-Sadr s'est revendiqué lundi première force au Parlement avec plus de 70 sièges sur les 329 que compte la chambre, a annoncé à l'AFP un responsable du parti."Le nombre approximatif est de 73 sièges", a indiqué à l'AFP un responsable média du courant sadriste après un décompte du nombre de candidats victorieux de ce parti. Un responsable de la commission électorale irakienne, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a indiqué à l'AFP que le courant sadriste était effectivement "en tête", selon des résultats préliminaires. Si cette tendance se confirme, cela signifie que les sadristes ont réussi à considérablement augmenter leur nombre au Parlement, passant de 54 députés actuellement à plus de 70. Cela signifie aussi qu'ils conserveront leur statut de première formation, leur permettant de peser d'autant plus lors de la composition du futur gouvernement et de la désignation du Premier ministre. Autre tendance, la percée de l'Alliance de l'État de droit de l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki. "Nous avons obtenu 37 sièges au Parlement", a assuré à l'AFP un responsable de ce mouvement. Deuxième force du Parlement sortant, la coalition du Hachd al-Chaabi, entrée au Parlement en 2018 en surfant sur la victoire contre le groupe jihadiste État islamique (EI), semble essuyer un net recul, selon des observateurs. Mais ce camp politique, allié à l'Iran, reste un joueur incontournable de l'échiquier politique. Les analystes estiment qu'au-delà de la répartition des sièges dans un Parlement qui s'annonce fragmenté, l'absence d'une majorité claire va obliger les différentes factions à négocier des alliances. Dans un pays pris en étau entre l'Iran et les États-Unis, les partis entameront de longues tractations pour s'accorder sur un nouveau Premier ministre, poste qui revient traditionnellement à un musulman chiite, mais aussi sur la répartition des portefeuilles ministériels. Pour sa part, le parti Taqadom, de l'influent chef du Parlement Mohamed al-Halboussi, un sunnite, assure avoir obtenu "plus de 40 sièges au Parlement". Ces législatives, les cinquièmes depuis 2003 et le renversement du dictateur Saddam Hussein dans le sillage de l'invasion américaine de l'Irak, ont été marquées par une abstention record de près de 60%. Les élections de dimanche étaient initialement prévues en 2022. Promises par le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, elles ont été avancées pour calmer la contestation née en octobre 2019, pour dénoncer la corruption tentaculaire, une économie en panne, et des services publics défaillants dans un pays pourtant riche en pétrole. Réprimé dans le sang, au moins 600 morts et 30.000 blessés, le mouvement s'est essoufflé. Des dizaines de militants ont été victimes d'enlèvements et d'assassinats. Les protestataires pointent les factions armées fidèles à l'Iran, au rôle incontournable en Irak et regroupées au sein du Hachd al-Chaabi. (Belga)
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