Michel réaffirme les valeurs démocratiques de l'UE aux 30 ans du Groupe de Visegrad

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

Le président du Conseil européen Charles Michel a cité les "valeurs démocratiques fondamentales" de l'Union comme première priorité du projet politique européen, mercredi lors d'une conférence de presse à Cracovie (Pologne) en marge des 30 ans du groupe de Visegrad.Parmi les objectifs communs de l'UE et de cette entité informelle, constituée en 1991 dans la ville hongroise du même nom par la Pologne, la Hongrie et l'ex-Tchécoslovaquie, à une époque où ces pays cherchaient à entrer dans l'Union, "la première priorité, c'est de ne jamais oublier que notre projet politique européen est construit sur des valeurs démocratiques fondamentales", a affirmé M. Michel, à l'issue d'une réunion avec les quatre chefs de gouvernement, au château du Wawel. "C'est un débat permanent en Europe et dans le monde, mais il est important car il inspire nos politiques", a souligné le Belge, alors que plusieurs réformes entreprises par les régimes ultra-conservateurs et souverainistes en place à Varsovie et à Belgrade sont dans le collimateur de l'UE pour atteintes à l'État de droit. La vaccination contre la Covid-19 était l'autre sujet sensible de la rencontre: la Hongrie de Viktor Orban fait cavalier seul en recourant aux vaccins russe Spoutnik et chinois Sinopharm, critiquant au passage le processus de validation et d'achat des vaccins par l'UE. Le président du Conseil européen a rappelé le mandat confié par les États membres eux-mêmes à la Commission européenne pour acheter anticipativement, au nom des Vingt-sept, des centaines de millions de doses de vaccin. "Il faut augmenter la production de vaccins et accélérer leur livraison aux États membres pour qu'ils puissent mettre en œuvre leur stratégie de vaccination", a martelé M. Michel. Viktor Orban a répondu en appelant à un accès le plus large possible à de nouveaux vaccins. "Il n'y a pas de vaccination occidentale ou orientale, seulement des vaccinations efficaces ou inefficaces", a-t-il lancé, soutenu par son homologue slovaque Igor Matovic. Pour le secrétaire d'État polonais aux Affaires européennes Szymon Szynkowski vel Sek, la présence ce mercredi à Cracovie de M. Michel, aux côtés des Premiers ministres des quatre pays (dont Mateusz Moriawiecki pour la Pologne et Andrej Babis pour la Tchéquie), illustre le poids du groupe de Visegrad sur les structures de l'UE. Depuis la création de cette instance il y a trente ans, les trois pays devenus quatre à la suite de la scission de la Tchécoslovaquie (1993) ont accédé à l'OTAN (1999 et 2004) puis à l'UE (2004). Ces dernières années, le groupe de Visegrad s'est affirmé dans la critique de plusieurs politiques de l'UE, notamment migratoires. Pour le quotidien économique tchèque Hospodarske noviny, le gouvernement hongrois s'est particulièrement approprié le groupe à ses propres fins ces dernières années, Viktor Orban tentant d'en faire une sorte d'antithèse de l'Union européenne. "Il sait ce qu'il veut, contrairement aux représentants tchèques, par exemple, qui hésitent à faire des propositions concrètes. (...) Le groupe de Visegrad était et est encore un projet précieux qui favorise la communication entre les pays d'Europe centrale. Mais au sein de l'UE, cette alliance informelle joue actuellement un rôle toxique et dangereux", selon ce quotidien. (Belga)
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