Seulement un tiers des intervenants à la radio sont des femmes

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

Les femmes sont nettement sous-représentées dans les programmes radiophoniques, ressort-il du premier Baromètre égalité et diversité en radio du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) publié jeudi. Pendant sept jours consécutifs en septembre 2019, le CSA a analysé les programmes radiophoniques matinaux de 10 chaînes: les cinq de la RTBF, Bel RTL, Radio Contact, Nostalgie, NRJ et Fun Radio.Les femmes représentent 51% de la population belge mais à la radio, elles ne constituaient que 36,26% des 11.074 intervenants recensés par le CSA. Les personnes transgenres, travesties ou non-binaires étaient quasiment inexistantes (moins de 1% chacune). Les séquences qui laissent le plus de place aux femmes sont les flash-infos, les informations insolites et les jeux-concours. Les entretiens et interviews, les chroniques et actualités, ainsi que les séquences humoristiques sont, quant à elles, celles qui accordent le moins d'espace aux femmes. Comme point positif, le CSA relève tout de même que les femmes sont davantage présentes dans un rôle actif (38,8% des intervenants prenant la parole) que passif (31,15% des personnes dont on parle). Sur l'ensemble de l'information, les femmes ne représentent que 36,02% des intervenants. Par ailleurs, le CSA n'a recensé qu'une seule occurrence d'une personne non-binaire dans un sujet d'information. Tous les rôles médiatiques sont majoritairement masculins, à l'exception de celui de candidate à un jeu (55,21%). Les femmes sont les moins nombreuses dans le rôle d'invitée politique (21,76%) et d'experte (26,03%). La catégorie "vox populi" donne davantage la parole aux femmes (42,38%). Celles-ci "sont moins sollicitées pour leur discours critique, leur savoir que pour leur expérience personnelle, leur témoignage ou leur avis censé refléter la parole du citoyen ordinaire", relève le CSA. L'information politique est la deuxième thématique en nombre de sujets abordés mais les femmes y sont très minoritaires (18,14%). Les hommes se distribuent dans une plus large variété de thématiques, tandis que les femmes se concentrent dans deux domaines: l'enseignement et l'éducation (49,43%) et les sujets de société (40,07%), "ce qui est une façon de les 'réassigner' à leur genre". Dans les programmations musicales matinales aussi, les femmes sont moins représentées: 66,34% des interprètes étaient des hommes lors de l'analyse. Le CSA est préoccupé par ces constats, qui rejoignent largement ceux observés pour la télévision. La sensibilisation et l'information ne semblant pas suffire, le CSA estime qu'il "convient de se poser la question d'initiatives plus contraignantes et recourant à la voie législative et réglementaire". Il a adressé plusieurs recommandations aux pouvoirs publics et éditeurs médiatiques, leur préconisant notamment d'établir des objectifs quantitatifs et qualitatifs contraignants. (Belga)
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