Si un gréviste décède, le PS et Ecolo menacent de quitter le gouvernement

Publié le à Bruxelles (Belgique)

Le vice-Premier ministre PS Pierre-Yves Dermagne a informé le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) et les autres vice-Premiers que les membres socialistes du gouvernement démissionneront si un des grévistes de la faim décède. Il l'a aussi indiqué au bureau de parti qui se tenait en matinée."En tant que socialistes, nous ne pourrions pas rester dans un gouvernement qui laisse mourir des gens qui réclament des papiers, c'est une question de valeurs", expliquait-on dans les rangs socialistes dans l'après-midi. Sur Twitter, le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet a fait également passer un avertissement qui va dans le même sens. "D'aucuns s'interrogent sur l'attitude des ministres Ecolo. Nos actes seront bien entendu posés en pleine cohérence avec nos propos et nous l'avons fait savoir dès hier au Premier ministre. Nous continuons à travailler à des solutions plus qu'urgentes au vu de la situation", a-t-il dit sur Twitter. Les personnes sans-papiers installées à l'église du Béguinage et dans des locaux de l'ULB et de la VUB à Bruxelles sont en grève de la faim depuis près de deux mois, et nombre d'entre elles ont aussi entamé une grève de la soif ces derniers jours. La situation est donc particulièrement critique.  Dimanche, un appel inhabituel avait déjà eu lieu via les réseaux sociaux: les présidents du PS et d'Ecolo, partis partenaires de l'Open Vld au sein du gouvernement fédéral, avaient interpellé via Twitter le Premier ministre pour lui demander d'intervenir dans le dossier, pour éviter un "drame imminent".  La pression est désormais montée d'un cran: en cas de décès d'un sans-papier, "les ministres et secrétaire d'État PS remettraient leur démission dans l'heure", affirme Pierre-Yves Dermagne, cité par "Le Soir". Lui-même, Karine Lalieux (Pensions), Ludivine Dedonder (Défense), et le secrétaire d'État Thomas Dermine feraient donc vaciller l'exécutif.  En interne, tant les socialistes que les écologistes estiment que la situation est allée trop loin. Un rapport de la Croix-Rouge met en garde contre le danger vital que courent sept à huit grévistes. Or, aux yeux des uns et des autres, aucune avancée significative n'a eu lieu dans le chef du secrétaire d'État à l'Asile, Sammy Mahdi (CD&V), sauf la création de zones neutres, qui laissent certains observateurs sceptiques vu la détermination des grévistes. Le Premier ministre a été appelé à s'immiscer dans le dossier comme d'autres de ses prédécesseurs l'ont fait par le passé. Une source interne au gouvernement faisait toutefois remarquer que le sujet était inscrit depuis trois semaines à l'ordre du jour des comités ministériels restreints qui rassemblent le Premier ministre des vices-Premiers ministres. En début d'après-midi, M. Mahdi a annoncé la désignation d'un médiateur en la personne du Commissaire général aux réfugiés et apatrides, Dirk Van den Bulck. "Une étape intéressante, mais il faut voir comment la personne désignée parvient à des résultats", commentait une autre source. (Belga)
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