Sortie du nucléaire - La réunion du kern consacré à la sortie éventuelle du nucléaire se prolonge dans la nuit

Publié le à Bruxelles (Belgique)

Le comité ministériel restreint ("kern") rassemblant les principaux ministres du gouvernement fédéral s'est retrouvé lundi en début de soirée pour discuter de la sortie de l'énergie nucléaire, un dossier qui divise les partis de la Vivaldi à l'approche de l'échéance de 2025. A minuit, la réunion était toujours en cours.Il semblait loin d'être sûr qu'une décision finale soit prise lors de cette nouvelle réunion, à laquelle participent depuis 19h00 au 16 rue de la Loi, outre le Premier ministre Alexander De Croo et les sept vice-Premiers ministres, ainsi que les ministres de l'Intérieur et des Pensions, Annelies Verlinden (CD&V) et Karine Lalieux (PS).  "Mais une bonne avancée est l'objectif" fixé à ce kern, a-t-on indiqué de sources gouvernementales. Les principaux ministres doivent une nouvelle fois examiner les différentes options mises sur la table en termes de "mix énergétique", avec pour objectif de garantir l'approvisionnement en électricité durant l'hiver 2025 - la date prévue dans la loi et confirmée dans la déclaration gouvernementale de la Vivaldi pour la sortie du nucléaire, avec la fermeture des deux derniers - sur sept - réacteurs (Doel 4 et Tihange 3), à condition que la sécurité d'approvisionnement soit garantie.  Dans un courrier adressé début décembre à M. De Croo (Open Vld), Engie, l'exploitant des centrales nucléaires en Belgique, a de son côté jugé "impossible" d'assurer le prolongement des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3 en 2025.  Dans la majorité, le MR défend pourtant bec et ongles la prolongation de ces deux réacteurs alors que les Verts appellent à confirmer leur fermeture dans le délai prévu.  A l'arrivée des ministres au 16 rue de la Loi, seul le vice-Premier Georges Gilkinet (Ecolo) s'est exprimé devant les journalistes présents. "J'espère que nous aurons une solution", a-t-il déclaré. "Nous devons préparer l'avenir, et la ministre (de l'Énergie, Tinne) Van der Straeten l'a fait de manière excellente depuis le début", a-t-il ajouté. M. Gilkinet a confirmé qu'en ce qui le concernait, la solution devrait être "définitivement le +plan A+" - ce qui signifie la fermeture complète de toutes les centrales nucléaires en 2025.   Le plan B prévoit l'extension de la durée de vie des réacteurs les plus récents, c'est-à-dire Doel 4 et Tihange 3. D'autres solutions peuvent également être envisagées, comme un amendement à la loi sur la sortie du nucléaire ou la construction de nouvelles centrales au gaz à Manage ou à Seraing. Ces installations doivent éventuellement suppléer la centrale à gaz envisagée à Vilvorde - pour laquelle la ministre flamande de l'Environnement et de l'Énergie Zuhal Demir (N-VA) a refusé le permis de construction. Le Premier ministre Alexander De Croo espère toujours que le gouvernement fédéral puisse trancher d'ici la fin de l'année. Mais il n'est pas du tout certain qu'une solution soit trouvée lundi soir.  "Après vingt ans d'indécision, tous les éléments sont sur la table pour prendre une décision qui offre une certitude à 100% sur l'approvisionnement (électrique) et son aspect abordable", a indiqué lundi une source gouvernementale. Une autre source a évoqué "une bonne avancée", tout en soulignant qu'il n'y a "pas de date limite" fixée lundi soir. Les discussions étaient toujours en cours à minuit. Et peut-être ont-elles été rendues plus tendues par une interview de la vice-Première ministre MR Sophie Wilmès sur ce dossier, parue sur le site du Soir vers 21h30,  soit en pleine réunion. D'après elle, une décision finale cette semaine n'est certainement pas une obligation. Une déclaration qui, selon une source bien informée, n'a pas été bien accueillie par les collègues ministres présents à la table. L'ancienne Première ministre continue en outre de plaider pour la prolongation des deux dernières centrales nucléaires, selon l'article du Soir. "On sait aujourd'hui qu'on n'a pas cette fameuse sécurité d'approvisionnement qu'on voulait au 1er novembre 2021. C'est un problème. Et on avait dit que s'il y avait un problème, il fallait travailler à la prolongation du nucléaire. Et sur ce point aussi, l'inertie est coupable : plus on attend, plus ce filet de sécurité va être difficile à déployer. Il faut y travailler, et c'est techniquement et juridiquement possible." (Belga)
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