Talibans au pouvoir en Afghanistan - Les droits humains des Afghans en perdition malgré les promesses des talibans

Publié le à Bruxelles (Belgique)

Seulement cinq semaines après la prise de pouvoir des talibans et malgré leurs promesses, les avancées relatives aux droits humains qu'ont connues les Afghans et Afghanes ces 20 dernières années sont en train d'être démantelées, dénoncent, dans un rapport publié mardi, Amnesty International, la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).La répression exercée par les talibans est systématique et la liste des atteintes aux droits humains est longue, détaillent les organisations dans ce rapport intitulé "Afghanistan's fall into the hands of the Taliban" (La chute de l'Afghanistan aux mains des talibans, NDLR). Le compte-rendu épingle entre autres, les homicides ciblés de civils et de soldats, le blocus de l'aide humanitaire dans la vallée du Panjshir, la répression violente des manifestations et les nombreuses restrictions de liberté, touchant principalement les femmes. Et il ne s'agit ici que de la partie visible de l'iceberg, estiment les auteurs du rapport. "Étant donné le climat de peur qui règne en Afghanistan, l'absence de connexion mobile dans de nombreuses régions et les coupures d'Internet appliquées par les talibans, ces conclusions ne sont sans doute qu'un petit aperçu de la réalité sur place", peut-on y lire. "Les talibans frappent à toutes les portes à la recherche des défenseurs des droits humains et beaucoup n'ont eu d'autre choix que d'entrer dans la clandestinité", témoigne le rapport, évoquant des menaces, des perquisitions, ou encore, des violences faites aux entourages. Un triste constat également partagé par les journalistes. Selon Abdul, un journaliste afghan cité dans le rapport, les rédacteurs en chef, les journalistes et les professionnels des médias ont même reçu des instructions, leur enjoignant de travailler uniquement sous les termes de la charia. "Conséquence du climat de peur engendré par la prise de pouvoir des talibans, de nombreuses Afghanes portent aujourd'hui la burqa, s'abstiennent de sortir de chez elles sans un tuteur masculin et cessent certaines activités pour éviter violences et représailles", déplorent les auteurs du rapport. Et si certaines manifestations ont pu se dérouler pacifiquement, la plupart ont été violemment réprimées, indique le rapport. "Parwiz (un manifestant cité sous nom d'emprunt dans le rapport, NDLR) a été arrêté lors des manifestations pour les droits des femmes le 8 septembre. Il a été méchamment torturé. Il a eu un bras cassé. Lorsque les talibans l'ont relâché, ils lui ont donné de nouveaux vêtements, les siens étaient imbibés de sang" a témoigné l'un de ses amis. De cet état des faits, les trois organisations à l'origine du rapport en appellent à une réaction forte de l'Onu. "Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu doit instituer un mécanisme indépendant et robuste permettant de recenser et de préserver les éléments attestant de crimes relevant du droit international à travers l'Afghanistan" a ainsi plaidé Juliette Rousselot, responsable du programme pour l'Asie du Sud à la FIDH, avant d'ajouter que "prendre des mesures concrètes au Conseil des droits de l'homme de l'Onu permettra de faire savoir que l'impunité ne sera pas acceptée, [...] en vue d'amener les responsables de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis par toutes les parties à rendre des comptes". (Belga)
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