UE: Charles Michel doute de l'intérêt d'abandonner l'unanimité en politique étrangère

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

Le président du Conseil européen Charles Michel a émis des doutes lundi sur l'intérêt pour l'Union européenne de renoncer au principe de l'unanimité des Etats membres dans la prise de décision en matière de politique étrangère. "L'unanimité favorise l'adhésion durable des 27 pays à la stratégie délibérée ensemble. Alors je m'interroge: le renoncement à l'unanimité ne risque-t-il pas d'apparaître comme une fausse bonne idée?", a-t-il questionné lors d'une intervention à l'institut Bruegel, un think tank basé à Bruxelles. "Certes, l'exigence d'unanimité ralentit et parfois même empêche la décision. Mais cette exigence conduit à déployer des efforts constants pour souder les États membres les uns aux autres. Et cette unité européenne est aussi notre force", a-t-il plaidé. L'Union européenne est pointée du doigt ces dernières semaines pour son incapacité à prendre des sanctions contre le régime du président du Belarus Alexander Loukachenko. Chypre continue de bloquer le feu vert final car l'île veut que l'on sanctionne par ailleurs des responsables turcs pour la poursuite des prospections de gisements gaziers dans les eaux chypriotes ou grecques. Dans son récent discours sur l'état de l'Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait pour sa part appelé les États à faire preuve de courage pour "passer enfin au vote à la majorité qualifiée, du moins en ce qui concerne les droits de l'homme et la mise en œuvre de sanctions". M. Michel assure quant à lui avoir constaté "très souvent, ces derniers mois, que des divergences importantes en apparence entre les États membres pouvaient rapidement être estompées grâce au débat de fond." "Il en fut ainsi sur la Chine. Les préparatifs politiques nous ont permis en quelques mois de définir une position commune qui semble désormais être bien relayée par tous les États membres. Et je crois qu'il en ira de même pour la Méditerranée orientale ou encore le Belarus. J'ai bon espoir que là aussi, nous puissions exprimer des positions communes qui puiseront leur force et leur légitimité dans notre unité." Les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-sept doivent se retrouver ces jeudi et vendredi à Bruxelles pour un sommet européen largement consacré aux grands dossiers de politique étrangère. (Belga)
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