Un Euro en demi-teinte pour une Belgique qui dit ciao à ses rêves de sacre européen

Publié le à Munich (Allemagne)

Arrivée à l'Euro avec des certitudes quant à son plan de jeu et forte d'une expérience concluante au Mondial 2018, la Belgique a vu son tournoi se terminer contre l'Italie (1-2) vendredi soir à Munich dès les quarts de finale. Les Diables Rouges de Roberto Martinez n'ont jamais réellement pu inquiéter une Squadra Azzurra aussi dominatrice que rafraichissante. Après une phase de groupes qui s'est déroulée presque à la perfection, l'équipe nationale belge n'a pas trouvé les clés.Inquiète des pépins physiques qui touchent Axel Witsel, Kevin De Bruyne et Eden Hazard, la Belgique se rassure au fil de la phase de groupes. Les trois pions majeurs intègrent progressivement l'équipe avant de tous débuter contre la Finlande. Après deux succès initiaux contre la Russie (3-0) et le Danemark (2-1), ils disputent la quasi-intégralité d'un match maîtrisé (2-0) qui permet aux Diables d'aligner trois succès, de décrocher la première place de leur groupe et de défier un 3e de groupe. Les observateurs sont aussi rassurés quant à la qualité du secteur défensif, autre principal point d'interrogation avant le tournoi en raison de sa fragilité physique, de son âge ou encore de son manque de rythme. Mais tant Dedryck Boyata, impérial contre la Russie, que Thomas Vermaelen, serein contre les Finlandais, font taire toutes les critiques. Même Jason Denayer, coupable d'une erreur sur le but danois, a été porté aux nues par son sélectionneur pour sa réaction. C'est donc avec les voyants passés au vert que les Diables mettent le cap sur Séville pour y affronter le Portugal, champion d'Europe en titre et 3e de son groupe derrière la France et l'Allemagne. L'équipe nationale s'attend forcément à souffrir mais a prouvé contre le Danemark qu'elle était capable de faire le gros dos avant de sortir les griffes. Redoutable d'efficacité, Romelu Lukaku est le porte-étendard de cette Belgique devenue plus cynique et peut-être moins romantique que lors de son épopée russe. Reconduisant Thomas Vermaelen dans l'axe de sa défense aux côtés des tauliers Jan Vertonghen et Toby Alderweireld, Roberto Martinez opte pour l'expérience contre des Portugais emmenés par Cristiano Ronaldo. Dans la touffeur sévillane, les Diables souffrent durant toute la seconde mi-temps mais s'accrochent à la flèche décochée par Thorgan Hazard avant la pause. La Belgique se qualifie avec un seul tir cadré après avoir repoussé les assauts de la Seleçao pendant de longues minutes. Si tout le monde loue l'esprit combatif et jusqu'au-boutiste de l'équipe nationale, ce succès à la Pyrrhus, acquis aux forceps, constitue un premier avertissement sérieux. D'autant plus que Kevin De Bruyne, blessé à la cheville sur un tacle portugais, et Eden Hazard, touché à l'ischio-jambier en fin de match, sont sortis en grimaçant. Cinq jours plus tard, la Belgique croise la route d'une Italie à l'historique spirale positive. Portée par 31 succès de rang, l'équipe de Roberto Mancini offre une partition sans fausse note sur la pelouse du magnifique écrin qu'est l'Allianz Arena de Munich. Malgré la présence de De Bruyne, qui aurait même pu ouvrir le score sans un arrêt quatre étoiles de Gianluigi Donnarumma, les Diables ne trouvent pas la clé du coffre-fort tactique proposé par Roberto Mancini. Joueuse et portée vers l'avant, l'Italie exploite à merveille sa supériorité, tant dans le milieu de terrain avec un trio Barella-Verratti-Jorginho que sur les ailes avec notamment les remuants Spinazzola et Insigne. Remise dans le match sur un penalty provoqué par Jérémy Doku, réjouissance de la soirée belge, la Belgique se procure quelques occasions mais ne parvient pas à les conclure, la faute à un grand Donnarumma ou à la cuisse de l'infortuné Spinazzola, gravement blessé en fin de match. Voyant le chronomètre du stade défiler rapidement et ses ouailles ne pas trouver la solution, Roberto Martinez injecte Dries Mertens et Nacer Chadli mais ne touche pas à son sacro-saint système. Il a eu l'occasion de le faire quatre minutes plus tard quand Chadli a dû céder sa place sur blessure. Alors qu'on s'attendait peut-être à la montée de Yannick Carrasco ou d'un second attaquant, c'est bel et bien Dennis Praet qui monte au jeu. Malgré un slalom de Doku, ponctué par une frappe trop enlevée, les Diables n'inquiètent plus une Squadra roublarde et solide. Persuadé de la force de son équipe et d'un système minutieusement bâti depuis son arrivée en septembre 2016, Martinez ne s'est pas écarté de sa ligne de conduite. Le Catalan, sous contrat jusqu'au Mondial 2022, qui arrive déjà à grandes enjambées, n'a pas voulu évoquer son avenir dans la foulée de l'élimination. "Je ne veux rien dire sur le coup de l'émotion", a-t-il laconiquement déclaré. Pourtant, les Diables sont à deux matches de décrocher leur premier trophée depuis 1920. En octobre, ils pourront se consoler lors du Final Four de la Ligue des Nations. Une victoire contre la France leur ouvrirait les portes d'une première finale depuis l'Euro 1980. Même s'il s'agit d'une compétition à la création récente, elle pourrait mettre du baume aux cœurs noir-jaune-rouge. (Belga)
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