Un militant arrêté pour "propos séditieux" avant un rassemblement à Hong Kong

Publié le à HONG KONG (CHN)

Un militant de l'opposition a été arrêté par la police dimanche à Hong Kong pour avoir "tenu des propos séditieux", quelques heures avant un rassemblement contre la loi controversée sur la sécurité nationale. L'interpellation de Tam Tak-chi, vice-président du parti radical "People Power" intervient le jour où devaient se tenir des législatives reportées d'un an pour cause de coronavirus. Une manifestation non autorisée, organisée pour protester contre la nouvelle loi sur la sécurité nationale, le report des élections ainsi que la vaste campagne de dépistage du Covid-19 qui a impliqué des entreprises chinoises, a reçu le soutien en ligne de plus de 10.000 personnes. M. Tam, un ancien animateur de radio, a été interpellé à son domicile, situé dans le nord-est de Hong Kong par une unité de police en charge de la sécurité nationale. Il n'a pas été placé en détention, a précisé la police. "L'homme que nous avons arrêté ce matin l'a été pour avoir tenu des propos séditieux en vertu de la section dix de l'ordonnance sur les infractions pénales", a déclaré le porte-parole de la police, Li Kwai-wah, en faisant référence à un texte, promulgué à l'époque où le territoire était une colonie britannique. Il était destiné à réprimer l'opposition au gouvernement. Selon M. Li, l'opposant a été arrêté pour avoir employé des mots "suscitant la haine et le mépris à l'encontre du gouvernement ainsi que le mécontentement de la population" lors de discours prononcés cet été à Hong Kong. M. Li a expliqué que c'est l'unité de la police en charge de la sécurité nationale qui a procédé à cette arrestation parce qu'au stade initial de l'enquête, elle le soupçonnait d'"incitation à la sécession", un crime qui figure dans la loi de sécurité nationale. "Mais après avoir recueilli des preuves et consulté le ministère de la Justice, nous avons décidé qu'il était plus approprié d'utiliser l'ordonnance sur les infractions pénales", a affirmé M. Li. Depuis que la loi sur la sécurité nationale a été imposée fin juin par Pékin à Hong Kong, 21 personnes, parmi lesquelles le patron de presse Jimmy Lai et la célèbre militante Agnes Chow, ont été arrêtées, accusées d'"incitation à la sécession", de "collusion avec des puissances étrangères" et d'"actes de terrorisme". Les autorités hongkongaises affirment que cette nouvelle loi n'a pas affecté les libertés d'expression et de réunion garanties en vertu du principe "Un pays, deux systèmes" établi lors de la rétrocession en 1997. Nombre de militants pour la démocratie dénoncent pour leur part un texte liberticide. (Belga)
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