Une toilette publique pour 11.000 Bruxellois, une gestion régionale réclamée

Publié le à Bruxelles (Belgique)

Les toilettes publiques doivent être gérées par la Région de Bruxelles-Capitale, ont plaidé lundi l'ASBL Infirmiers de rue, les porteurs de l'application Peesy et le groupe de recherche sur la précarité hydrique HyPer (Hygiène Personnelle hors/sans/mal chez soi) de l'Université Libre de Bruxelles.Ce plaidoyer s'inscrit dans le cadre de la publication de la dixième édition du plan des fontaines d'eau potable et toilettes gratuites dans la capitale par l'association Infirmiers de rue. Celle-ci en distribue une version papier auprès des sans-abri. Le plan peut aussi être obtenu gratuitement via le site infirmiersderue.org. Dès le 7 juillet, la Stib l'affichera dans une cinquantaine de stations de métro bruxelloises. Selon les données des trois partenaires, Bruxelles compte une toilette publique pour 11.000 habitants. La région, habitée par plus de 1,2 million de personnes auxquelles s'ajoutent de nombreux navetteurs et touristes, dispose de 175 sanitaires (comprenant toilettes et urinoirs) publics, dont un peu plus de 60 toilettes gratuites. Environ 60% de ces sanitaires publics sont accessibles aux femmes, moins de 25% le sont aux personnes à mobilité réduite et moins de 40% sont ouverts 24 heures sur 24. En considérant qu'une toilette publique couvre les besoins des personnes sur une distance de 250 mètres, l'étendue du désert sanitaire représente 93% du territoire régional, toujours selon les trois partenaires. Ces derniers estiment que la problématique est délaissée par les pouvoirs politiques, et que Bruxelles est à la traîne derrière Paris et d'autres grandes villes européennes, qui sont dotées d'un réseau déployé de toilettes publiques. Infirmiers de rue, le groupe HyPer et plus particulièrement les porteurs de la nouvelle application Peesy, qui s'intéressent de près à la notion d'inclusivité, remarquent que des communes préfèrent investir dans des urinoirs que dans des sanitaires mixtes et accessibles aux personnes à mobilité réduite. Ils pointent encore un problème de malpropreté qui se couple avec des problèmes de sécurité. L'absence de toilettes ou le fait qu'elles ne soient pas entretenues convenablement se répercute, selon eux, sur la propreté des rues, notamment à cause de faits d'urines sauvages. Ils soutiennent des initiatives comme celle d'installer des toilettes sèches dans les parcs, mise en œuvre par la commune de Berchem-Sainte-Agathe, ou le nouveau "Plan d'actions Toilettes" de la Ville de Bruxelles. "Il y a certaines bonnes initiatives au niveau des communes, mais on pense que cela serait mieux d'avoir une action concertée au niveau régional", estime Koen Van den Broeck, porte-parole de l'ASBL Infirmiers de rue. "Le Covid a mis en exergue le problème auquel sont confrontées les quelque 700 personnes qui vivent en rue à Bruxelles. La ville, c'est leur maison et si elle n'a pas assez de sanitaires, c'est problématique." Infirmiers de rue relève que presque 30% des toilettes publiques ont fermé pendant la crise sanitaire, de même que de nombreuses solutions de repli dans des cafés et autres établissements. (Belga)
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