Ballonnements, grignotages intempestifs, dégoût puis faim soudaine : comment gérer l’entre-fêtes

Fin décembre, on oscille entre plaisirs de la table et excès. Et même si on ne stocke pas vraiment, on se sent inconfortable. Voici des conseils simples de spécialistes pour y remédier.

Soupe
Une bonne soupe nourrissante, chaude et colorée le soir, en plus de protéines, cela fait du bien. ©Copyright (c) 2021 RHJPhtotos/Shutterstock. No use without permission.

On est foutus, on mange trop, fredonnait un chanteur bien connu il y a des années. Et en période de fêtes, on peut l’entonner ce refrain d’Alain Souchon à l’unisson. Sauf que… ce n’est pas vraiment ces quelques jours (ou semaines) qui vont totalement bouleverser notre métabolisme et changer radicalement notre poids sur la balance. Cette surcharge est passagère si on reprend une hygiène alimentaire et une bonne diversité dans nos assiettes le reste du temps. Comme le faisait remarquer en substance le diététicien Serge Pieters, également professeur à la Haute Ecole Vinci, “ce n’est pas entre Noël et Nouvel An qu’on grossit, c’est entre Nouvel An et Noël”, en étant trop sédentaires et trop tournés vers l’alimentation ultra-transformée sucrée et grasse ou en faisant des choix déséquilibrés côté macronutriments : trop de glucides, pas assez de protéines et de fibres et trop de mauvaise graisse (aliments industriels) et pas assez de bons lipides (poissons gras, avocats, etc.).

Cela dit… il s’avère qu’à partir de la mi-décembre, la discipline qu’on pouvait avoir baisse la garde et qu’on profite de tout plus que de coutume. Avec des pics les 24, 25 et même 26 décembre, entre multi-repas de Noël er restes le soir… avant de reprendre le 31 ! On se sent alors boudiné mais aussi gonflé, ballonné, dégoûté et soudain irrésistiblement attiré par une sucrerie, un snack ou la boîte de chocolats… Avant de se jurer de ne plus manger avant l’année prochaine ! Une promesse qu’on ne tient pas.

Pour retrouver une vivacité intestinale et du confort dans les entrailles, pas la peine de passer en mode détox pour autant. Etre fringant à la Saint-Sylvestre passe par quelques conseils simples.

Se forcer à la discipline. C’est se donner un coup de pied au c… au lendemain des bombances. Et retourner vers l’équilibre. On fait une pause sur l’alcool, le café sachant qu’on retrouvera le plaisir d’un verre dans quelques jours. La fatigue et une certaine paresse culinaire nous font aussi nous tourner vers un plat de pâtes, une préparation minute, ce qui charge encore plus l’organisme qui a besoin de fibres ! “Mieux vaut penser à des repas simples, tournés vers le végétal le soir surtout”, explique Audrey Elsen, nutrithérapeute de Cuisine Vivante. On prend des soupes le soir, faites maison, cela prend 30 minutes, épluchage et cuissons compris ! Les soupes avec morceaux que l’on peut mâcher sont plus rassasiantes. Bien mâcher envoie des “messages” de satiété au cerveau et permet de mieux digérer.

Surtout, on évite à tout prix de manger peu au repas en se disant que c’est mieux pour grignoter le reste du temps ! “La digestion utilise 30 à 50 % de notre énergie : si on grignote toute la journée, on est fatigués”, poursuit Audrey Elsen de Cuisine Vivante. Et plus on est fatigués, plus on craque côté alimentation.

Et on boit beaucoup d’eau “et notamment de l’eau chaude le matin et le soir. Ou des tisanes digestives si on préfère”.

Se tourner vers des aliments “énergie”. Et notamment les glucides complexes, des aliments naturels qui ont la particularité de réguler l’appétit, notamment en permettant d’arriver rapidement à satiété et d’être rassasié plus longtemps : “les légumineuses, le quinoa, les céréales complètes, les patates douces, les légumes racines comme les betteraves, les carottes et les radis, riches en fibres, en antioxydants et en polyphénols qui en font des aliments considérablement nutritifs”, décrit Marie De Taille. De même que le maïs. Ce qui donne des salades pleines de couleurs et de goût. D’ailleurs, on opte pour une entrée de légumes crus : carottes râpées, céleri, chicon : “Cela augmente les bons nutriments, le bol alimentaire, les fibres qui font baisser l’indice glycémique des autres aliments et sont plein d’antioxydants”.

Le plus : “les légumes lacto-fermentés qui permettent de bien relancer la digestion et la santé du microbiote intestinal”, selon la nutrithérapeute

Se lancer dans un “petit” jeûne de temps à autre. “Je conseille le jeûne intermittent à ceux qui le supportent deux ou trois fois par semaine. 16 h de jeûne, on saute le petit-déj souvent sucré qui crée des fringales. C’est bon pour le pancréas, le foie, on purge le côlon, on ne met pas constamment l’énergie dans la digestion. C’est un très bon outil pour réguler la glycémie et ses yoyos. On a fait un écart la veille ? On embraye avec cette diète de 16 h, on remange à midi de façon équilibrée… et on n’en parle plus”, détaille le conseiller en nutrition Damien Pauquet. Serge Pieters lui, conseille plutôt la diète de 12h... c’est-à-dire, manger avant 20h et ne plus rien manger avant le lendemain avec un petit-déjeuner accompagné de liquide pour l’hydratation. Un bon conseil pour les grignoteurs sur canapé, plus nombreux qu’on ne croit.

Ne pas passer au “végétarisme” en remplaçant des aliments naturels par des ersatz “végé” transformés. Les nouveaux végétariens vont aller vers des saucisses ou des hamburgers végétariens. Ce sont tous des produits qui sont souvent plus mauvais, plus gras et plus sucrés que leur version ordinaire. La liste des additifs dans les hamburgers végétariens fait peur.

Se faire plaisir. Oui mais alors entre 16 et 17h, “L’idéal, c’est de manger sucré si on en a envie entre 16 et 17h, c’est le moment où le pancréas se réveille et produit naturellement de l’insuline, ce qui fait baisser la glycémie”, souligne le nutritionniste liégeois Damien Pauquet.

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