Soyez gentil et bienveillant, c’est loin d’être has-been

Trois "actes de bonté" par jour fait davantage pour le bien-être qu'une thérapie !

Omar Sy et François Cluzet  dans "Intouchables", un film inspiré de la vie de Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique depuis 1993, et de sa relation avec Abdel Yasmin Sellou, son aide à domicile qui l'a poussé vers la vie.
Omar Sy et François Cluzet dans "Intouchables", un film inspiré de la vie de Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique depuis 1993, et de sa relation avec Abdel Yasmin Sellou, son aide à domicile qui l'a poussé vers la vie. ©DR

L’individualisme qui s’est imposé à partir des années quatre-vingt et l’égoïsme développé notamment par l’explosion des réseaux sociaux n’ont pas eu raison de la bienveillance et de l’intérêt pour l’autre.

Au pire, la gentillesse a-t-elle été considérée des années durant comme ridicule, has-been, nunuche. Une petite insulte cachée dans un gant de velours : “Elle ? Oh, elle est gentille”. Eh bien, “elle” a bien raison d’être gentille. Faire preuve de générosité, d’empathie, de bienveillance envers les autres, c’est se donner plus de moyens de soutenir notre santé mentale. Et même cela diminuerait les symptômes des personnes anxieuses et dépressives. Bref, quand on est gentil, on se sent mieux.

Et ce n’est pas une constatation empirique mais les conclusions d’une longue recherche scientifique publiée dans le “Journal of Positive Psychology”. “Le lien social est l’un des ingrédients de la vie le plus fortement associé au bien-être. Les actes de gentillesse semblent être l’un des meilleurs moyens de promouvoir ces relations”, décrypte David Cregg, co-auteur de l’étude et chercheur en psychologie à l’Ohio State University (États-Unis). “Nous pensons souvent que les personnes souffrant de dépression ont assez à gérer, et on ne veut pas les accabler en leur demandant d’aider les autres. Mais nos résultats vont à l’encontre de cette réflexion”, rajoute Jennifer Cheavens, professeure de psychologie à l’Ohio State University et co-auteure de l’étude.

Cela redonne le goût de vivre !

L’étude en question a été menée sur 122 femmes et hommes souffrant de dépression modérée à sévères qui ont été répartis en 3 groupes. Deux suivant des types de thérapies cognitives comportementales connues pour avoir de l’efficience sur la dépression. La programmation d’activités qui font plaisir et des discussions qui remontent l’estime de soi, d’une part, la réévaluation cognitive d’autre part (pour réintégrer le bon côté des choses dans les mécanismes cérébraux, en gros), d’autre part. À raison de 2 jours par semaine.

Le 3e groupe avait pour mission d’accomplir trois actes “de bonté”, par jour. Quoi ? Le genre de posts qui tournent sur Facebook notamment et qui enjoignent les “amis” à la pensée positive ? Effectivement : la définition de ces actions était “des actes grands ou petits qui profitent aux autres ou les rendent heureux, généralement à un certain coût pour vous en termes de temps ou de ressources”. Au programme donc, deux jours par semaine : faire des gâteaux, laisser des petits mots gentils aux autres, encourager quelqu’un, aider quelqu’un de plus faible que soi à accomplir quelque chose.

Au bout de 10 semaines (et une évaluation à mi-chemin), tout ce petit monde se sentait mieux mais les cobayes du 3e groupe ont présenté une amélioration plus flagrante et une baisse sensible de leurs symptômes. Ils se sentaient plus connectés, davantage “dans le monde”, moins centrés sur eux en fait. “ce qui est un élément important du bien-être”, souligne David Cregg.

Jennifer Cheavens concluait d’ailleurs que faire de chouettes petites ou grandes choses pour les autres, les aider dans ce dont ils ont besoin peut en fait aider les personnes souffrant de dépression et d’anxiété à se sentir mieux dans leur peau”.

L’idée étant alors de mixer thérapies comportementales et actes de gentillesse. Et être gentil tout le temps, c’est tout bénef aussi…

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