Seize ans que je viens faire ici, chaque année, ma cure pour me requinquer”, nous dit fièrement cette petite dame, un peu perdue dans son ample et moelleux peignoir blanc, en attendant son tour pour le drainage marin au salon Conchée. Les fidèles – nombreux – qui déambulent dans les longs couloirs des Thermes Marins de Saint-Malo n’en démordent pas. Le lieu est de ceux dont on ne se lasse jamais. Tout simplement parce que, au fil des ans, on y retrouve ce que l’on vient y chercher : un accueil bienveillant, des soins de thalassothérapie de qualité, une atmosphère toute particulière, le professionnalisme mêlé à la convivialité… Et aussi, bien sûr, cette fascinante vue sur mer et sur remparts de la ville corsaire, spectacle permanent et apaisant, sans cesse changeant sous ces ciels de Bretagne, qui virent d’un instant à l’autre du gris sombre au bleu azur pour alors magnifier les flots de la côte d’Emeraude. Que l’on s’en émerveille de sa chambre, d’une cabine du Spa, de La Terrasse, de la salle de repos ou du restaurant Cap Horn au charme désuet, c’est un même ravissement pour les yeux…

Mais si l’on ne s’en lasse pas, c’est aussi que cette grande maison préserve ses forces et ses valeurs tout en continuant d’évoluer. Loin d’être figée dans son passé, l’entreprise familiale (aux mains de Serge Raulic, le père, et ses enfants Charlotte et Olivier) se renouvelle en effet partiellement chaque année. Que ce soit au niveau des infrastructures, cette fois du côté des brouillards marins et de l’espace Algues où se font les enveloppements. Ou que ce soit au niveau du programme de cures, dont cette saison la formule “Mer et bien-être détox”, présentée comme “idéale aux changements de saison et après les excès”.

Hydrothérapie marine, nutrition, activité physique

Dans cet esprit, la consultation chez le nutritionniste Frédéric Derat-Carrière en début de séjour paraît être un passage obligé. Mais avant d’y passer, pour établir ce bilan nutrition santé, il nous faudra remplir des questionnaires élaborés. Explorations nutritionnelles, qui fourniront une mine d’informations pour la suite : profil diététique, facteurs de risque de surpoids et comportements individuels favorisant, diagnostic de la restriction cognitive consistant à manger sans tenir compte des informations que fournit l’organisme par les sensations de faim et de satiété…

Particulièrement poussés pour un centre de thalassothérapie, d’autres examens viennent compléter ce bilan. Pour la composition corporelle, “les méthodes d’impédancemétrie dites “mono-fréquence”, type pèse personne doivent être évitées en raison de trop nombreuses sources d’erreurs possibles dans les mesures, estime Frédéric Derat-Carrière, qui a opté pour la technologie DSM-BIA ou bio-impédance segmentaire directe multi-fréquence. C’est la méthode de référence pour la mesure de deux compartiments : eau intra-cellulaire et eau extra-cellulaire. Par calcul, elle permet d’accéder à deux autres compartiments avec une bonne précision : la masse grasse et la masse maigre.”

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Précis et sans appel, les chiffres s’affichent, nous donnant l’exacte répartition dans chacun des bras, chacune des jambes, le tronc… Impressionnant, tout autant que l’examen suivant, en l’occurrence la calorimétrie indirecte, une méthode issue du milieu hospitalier dont Saint-Malo est l’un des très rares centres en France – et le seul en thalassothérapie – à être équipé d’un tel appareil. Accessible dans le cadre de cette cure détox ou encore dans le séjour “Mer et poids optimal”, cet examen de très haut niveau consiste à “mesurer le quotient respiratoire (le volume de dioxyde de carbone libéré par rapport au volume d’oxygène absorbé), ce qui permet de déterminer notre dépense énergétique au repos – en d’autres mots, combien de calories brûle exactement notre organisme -, mais aussi de déterminer le type de substrats (graisses, sucres) utilisés par nos muscles, explique le nutritionniste. Si l’on veut perdre du poids, il est essentiel d’utiliser les graisses de réserve”.

Le bilan effectué et le “bulletin” en main, le programme des soins et activités s’ouvre à nous. Douche sous-marine (aux effets drainant et décontracturant), bain jets (relaxant), drainage marin, enveloppement d’algues (reminéralisant), modelage sous affusions (décontractant)… On se laisse aller, entre les mains expertes de Kameï pour 25 minutes de pure détente, sous une fine pluie d’eau de mer chaude. Divin moment parmi d’autres. Comme, dans des genres différents, au spa – sobre et élégant -, le gommage à la poudre de coquilles d’huîtres pour préparer la peau à mieux recevoir les soins d’hydrothérapie et le masque du corps détoxifiant silhouette. Aussi savoureux, le soin éclat visage ou encore la réflexologie crânienne émotionnelle censée réharmoniser les énergies déséquilibrées…

Tout un programme qui ne serait pas complet sans les activités physiques prévues dans le cadre de ce séjour détox : une marche dynamique aux côtés de Patrice en direction des célèbres remparts chers à Surcouf, une vivifiante séance de training face à la mer, les pieds dans le sable à marée basse et sur la digue à marée haute…

Le tout avec des effets quasi immédiats et amenés à se prolonger des mois durant. “Le métabolisme est suractivé, ce qui peut provoquer une certaine fatigue, nous explique Jean-Michel Colleu, directeur Thalasso et spa. De même, les massages profonds peuvent entraîner une certaine baisse de tonus dans un premier temps. C’est physiologique. Tous les soins que l’on fait en thalassothérapie se suffisent à eux-mêmes. Aussi, il est important de respecter des temps de repos et ne pas viser un surcroît d’activités”. Un curiste averti…

Plus d’infos : www.thalasso-saintmalo.com

Un besoin d’épurer l’organisme
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Détox, le mot est à la mode depuis quelque temps déjà. Mais que penser de ces cures présentées un peu tous azimuts comme nécessaires ? Info ou intox ? Et quelles sont au juste les spécificités du séjour “Mer&bien-être détox” (six jours – 24 soins) proposé aux Thermes marins de Saint-Malo ? “La détox est effectivement un terme à la mode, concède le directeur Thalasso et spa, Jean-Michel Colleu. Nous concevons ces cures comme des séjours “équilibre” qui se situent à la fois dans le préventif et le curatif. Ils ne sont pas “lourds” à suivre mais, à un moment donné, dans sa vie, on a besoin d’épurer son organisme. Ceci dit, fondamentalement, la thalassothérapie, quel que soit le séjour, a des composantes détox, les trois piliers de ce séjour en particulier étant les soins d’hydrothérapie, la nutrition et l’activité physique”.

En tant que praticien, “j’y vois avant tout des soins qui permettent l’assainissement global du corps. Sur un plan très pratique, en hydrothérapie marine, cette détox passe par des massages profonds qui vont permettre de libérer plus facilement des toxines emprisonnées dans les tissus. Avec une hygiène alimentaire et une hydratation adéquates, on peut d’ailleurs ressentir au cours de la cure une augmentation de l’évacuation par les voies prévues à cet effet…”.

Une autre composante du séjour détox est l’exercice physique, via les activités encadrées d’aqua relaxation, marche dynamique et beach training. “On remet la mécanique en route en massant, d’une part, et en faisant bouger le système locomoteur, d’autre part. On bouge, on élimine. On est massé, on élimine. C’est un cercle vertueux”.

Enfin, troisième composante, la nutrition. Sous le vocable “Diététique conseillée”, que faut-il entendre ? “On essaiera de se focaliser sur les aliments les plus sains pour notre corps, explique Jean-Michel Colleu. Contrairement à certaines cliniques qui pratiquent notamment le jeûne, nous avons toujours choisi de laisser la liberté à nos clients. J’ai coutume de dire que la thalassothérapie est une thérapie lourde que l’on fait plaisir. Ces notions de plaisir et de liberté sont, pour moi, importantes. Il faut se réserver ces espaces. Nous considérons que l’esprit est aussi important que le corps”.

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Écoresponsable

Fini, les huiles essentielles proposées jadis dans les bains jets. Par souci écologique, elles ont été remplacées par des algues. Participant au programme de Responsabilité sociétale des entreprises, les Thermes marins de Saint-Malo sont particulièrement vigilants au niveau des rejets en milieu marin. “Pour les enveloppements d’algues, explique Jean-Michel Colleu, il s’agit de produits naturels, en l’occurrence des laminaires. Je n’ai jamais voulu de parfums. En ce qui concerne le colorant -vert pour l’aspect visuel - il sera dorénavant supprimé, car non nécessaire. Quant au film utilisé pour l’enveloppement, nous sommes passés du plastique à du papier en fécule de pomme de terre, complètement biodégradable”.