Parmi elles, Victoire de Castellane à la tête de Dior joaillerie depuis 1998.

Parution aux éditions Bartillat sous la plume de Bertrand Meyer-Stabley et Laurence Catinot-Crost du livre Créatrices de légende. De Jeanne Lanvin à Stella Mc Cartney.

Bertrand Meyer-Stabley est l’auteur de différentes biographies notamment de la princesse Grace de Monaco, de la princesse Soraya d’Iran, de lady Edwina Mountbatten ou encore de la reine Elizabeth II.

Son agréable et élégant style narratif couplé aux connaissances de l’historienne Laurence Catinot-Crost amène cette fois-ci le lecteur sur les traces de femmes de légende : Jeanne Lanvin, Coco Chanel, Nina Ricci, Donatella Versace, Sonia Rykiel, Helena Rubinstein, Esthée Lauder, Hélène Rochas, Paloma Picasso,…

Des créatrices qui ont laissé leurs empreintes dans le monde de la mode, des cosmétiques, du parfum et de la joaillerie.

On ne compte plus les clientes du Gotha de ces créatrices. L’une de ces créatrices mises à l’honneur n’est autre que Diane von Fürstenberg qui est née belge.

Diane Halfin a épouse le prince allemand Egon von Fürstenberg avec qui elle a eu deux enfants. Bien que divorcée, elle a gardé son nom et est aujourd’hui associée à jamais au concept révolutionnaire de la robe portefeuille qui met si bien en valeur la silhouette féminine. La reine Mathilde et la duchesse de Cambridge figurent parmi ses clientes.

Autre créatrice issue cette fois de la noblesse française : Victoire de Castellane à la tête de Dior joaillerie depuis 1998. Focus sur une jeune femme qui a révolutionné le monde feutré des joailliers de la place Vendôme à Paris.

Dior est l’une des premières maisons de couture à s’être lancée dans la joaillerie. Pour réussir ce challenge, la maison fit appel à Victoire de Castellane. La famille de Castellane est issue de la noblesse provençale, ses origines remontent au 11ème siècle.

Victoire est l’arrière-petite-nièce de Boniface dit Boni de Castellane (1867-1937), célèbre dandy et homme politique de la Belle Epoque, qui épousa en 1895 la richissime héritière américaine Anna Gould dont la fortune était évaluée à plus de 400 millions d’euros actuels.

Elle n’a que 3 ans lorsque ses parents divorcent. Elle est pour ainsi dire élevée par son oncle Gilles Dufour qui fut l’un des principaux collaborateurs de Karl Lagerfeld.

La passion de Victoire pour les bijoux remonte à l’enfance. Elle aimait contempler les parures de sa grand-mère Silvia Rodriguez de Rivas qui en changeait plusieurs fois par jour.

À 20 ans, sa silhouette longiligne elle est repérée dans les couloirs de la maison Chanel par Karl Lagerfeld qui lui confie la création des bijoux fantaisie. Elle y restera 14 ans jusqu’à son départ pour Dior joaillerie.

Le jour de son mariage aux Invalides, elle porte un impressionnant manteau de Cour en organza brodé de 180.000 paillettes transparentes. Victoire de Castellane travaille avec trois ateliers parisiens pour produire une palette de 29 couleurs de pierres différentes. Elle ose marier des diamants et rubis à des pierres considérées comme moins nobles comme les rhodolites ou les opales. Ses collections ont toutes des thèmes d’inspiration bien précis dont le jardin de Milly-la-Forêt là où Christian Dior possédait un moulin.

Chaque année, Victoire de Castellane qui dit avoir 5 ans dans sa tête lorsqu’elle est en réflexion de création, présente une collection de Haute joaillerie et une collection de moyenne joaillerie ainsi que des commandes spéciales pour des particuliers. On compte désormais 40 boutiques Dior joaillerie dans 17 pays.

>>> Créatrices de légende. De Jeanne Lanvin à Stella Mc Cartney, Bertrand Meyer-Stabley&Laurence Catinot-Crost, Bartillat, 2019, 360 p.