Deux syndicats ont condamné mercredi les "astuces" beauté délivrées aux agents SNCF pour accompagner la nouvelle tenue de la compagnie ferroviaire qui, elle, dément tout sexisme dans cette initiative.

Pour présenter l'uniforme que porteront en janvier 33.000 agents, la SNCF a élaboré un guide 36 pages, dont deux (une bleu, une rose) sont des "astuces pour finir en beauté". Pour les femmes, un "maquillage simple et soigné est fortement recommandé" et six produits "indispensables" conseillés, dont un "blush bonne mine" et "un rouge à lèvres discret".

Pour les hommes, les petits conseils vont de "bien porter la veste", en ne fermant pas le dernier bouton, à la "beauté des mains" à "hydrater régulièrement". La barbe, comme la moustache, est "tendance" mais doit rester "nette".

Côté parfum, la recommandation est la même pour les cheminots et cheminotes: "optez pour un déodorant et un parfum léger et subtil".


Dans un communiqué, la CGT-Cheminots dénonce des "pratiques sexistes et discriminatoires d'un autre temps, indignes d'une entreprise publique comme la SNCF qui a un devoir d'exemplarité". Le premier syndicat de cheminots prévient qu'il "va interpeller le ministère du droit des femmes pour demander le retrait du label AFNOR que vient d'obtenir l'entreprise sur l'égalité professionnelle". "Il s'agit bien là de sexisme", avait écrit SUD-rail, le premier à réagir. La troisième organisation représentative appelle la SNCF à "prendre exemple sur le groupe Casino qui à travers un guide managérial entend déconstruire les stéréotypes et vaincre les préjugés sur l'apparence".

Selon SUD-Rail, la compagnie "respecte la forme légale de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, en rédigeant un rapport" chaque année "mais dans la réalité quotidienne une femme gagne mensuellement 150 euros de moins qu'un homme et les conductrices représentent 1,5% des conducteurs", poursuit-il. "Ce guide n'est pas un règlement. Il donne des conseils comme le font toutes les entreprises de service en relation avec des clients", s'est défendue l'entreprise.

Les agents "attendent d'être accompagnés", "ce guide est très attendu", a souligné une porte-parole en précisant que 200 agents ont été consultés "dans une démarche participative" pour l'élaboration du nouveau vestiaire.

Les deux syndicats s'élèvent aussi contre la distribution récente aux conductrices d'un "kit destiné à uriner debout".