Beauté & Mode

Avec une collection somptueuse dans un décor rouge qu'il a qualifié de "jardin en enfer", Marc Jacobs a mis un point final jeudi soir à la Fashion week de New York.

Le styliste américain de 51 ans, toujours très attendu, a offert une collection automne-hiver 2015, tout en opulence et contrastes, mélangeant gothique et brillances, matières, imprimés et couleurs, avec une exubérance raffinée qui n'appartient qu'à lui : d'une première silhouette (le mannequin Erin O'Connor) androgyne en robe sans manches striée de bandes de vinyle et bottes de vinyle, à de magnifiques femmes éventails aux larges jupes évasées à plis plats, en passant par une robe noire brodée complètement transparente portée avec de longs gants. 

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Un manteau écossais rose et bleu finement ceinturé, aux manches de fourrure rayées, réchauffait aussi une longue jupe plissée aux motifs verts et dorés, une mini-robe écossaise était assortie d'un long jupon de tulle noire sur des cuissardes.

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Ses mannequins étaient coiffées d'un petit chignon

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boule sur le tout devant de la tête, le teint délibérément blême, la paupière dramatiquement soulignée de gris, la démarche mécanique.

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Le décor, dans l'ancienne armurie de Park avenue, avait été inspiré par le salon de Diana Vreeland, journaliste et influente éditrice de mode américaine décédée en 1989. Les coulisses étaient tendues de toile grise sur laquelle était peint un canapé, les murs latéraux tendus de rouge, avec des cordes tombant du plafond.

En dépit des températures glaciales, le défilé, au son inquiétant de "Requiem for a Dream", avait fait son plein de stars, parmi lesquelles Sofia Coppola, Nicki Minaj et Christina Ricci. Le défilé Marc Jacobs était le dernier d'une Fashion week trépidante. Elle a vu en huit jours se succéder quelque 350 présentations et défilés, en différents endroits de New York, obligeant le petite monde de la mode à un marathon épuisant par des températures particulièrement glaciales.

RALPH LAUREN 

Il a ravi son public avec de longues silhouettes élégantes en fourrure, cachemires, toques et grands chapeaux pour réchauffer l'hiver.

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Pour la journée, la femme Ralph Lauren, aventurière raffinée, porte un long pull en cachemire marron glacé sur une jupe de soie rebrodée de plumes, un grand châle à très longues franges en cachemire sur un pull col roulé et pantalon large assorti, un pantalon de daim avec blouson shearling rebrodé de brillants, avec parfois un grand chapeau en feutre, ou une énorme toque de trappeur.

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Les tons sont doux, les ensembles unis, taupe, marron glacé, fougère, ivoire.

Et le soir, elle porte une robe dos nu scintillante, toujours avec sa toque, et de longs gants de (fausse) fourrure, ou va puiser dans le vestiaire masculin un costume noir, une chemise blanche avec noeud papillon ou cravate noirs.

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CALVIN KLEIN

Francisco Costa, son directeur artistique avait placé sa nouvelle collection sous le signe de "l'érotisme urbain" et du paradoxe, où "des proportions inattendues, contrastées, entrent en collision et prennent vie".

La femme Calvin Klein assume fièrement cuissardes fines comme une seconde peau, manteaux de cuir en patchwork, ou robe blanche à l'ourlet finement effrangé, avec empiècement et manches de cuir noir et décolleté rond.

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Beaucoup de cuir travaillé dans sa collection: manteau ultra-long en patchwork de bandes marrons, petite robe à rayures vert forêt de cuir horizontales, et cuir aussi pour les cols à grosses pressions de tendres robes en cachemire.

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Francisco Costa s'était notamment inspiré d'un livre de photos "polaroid" des années 60 et 70.

"Quand vous pensez à Catherine Deneuve à cette époque", a-t-il expliqué à l'AFP après son défilé, "c'est ce type de femme. Mais ici, elle se mêle à l'esprit de New York, le cool de Lou Reed. Elle est cool et chic, sophistiquée, belle et cool".

J. MENDEL

Gilles Mendel, le roi français de la fourrure à New York,

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a présenté une collection de silhouettes somptueuses et un peu disco le soir.

L'art de manier les peaux, héritée d'une dynastie de fourreurs français, s'est traduite par une palette très large de fourrures: veste courte de vison noir et ivoire ou brun à motifs floraux, maxi manteau de vison chocolat ou de vison côtelé noir et grenat, veste d'hermine pourpre ou de zibeline.


"J. Mendel est une maison, glamour, une femme qui s'habille, une femme aristocratique, qui aime être belle, et qui pense plus à passer de la nuit au jour que du jour à la nuit", a-t-il expliqué à l'AFP.

Après New York, c'est Londres qui prend le relais.