Depuis près de 14 ans, Valérie Berckmans crée des collections de vêtements éco-responsables, avec une fabrication locale (à 300 m de sa boutique). Ses clients, fidèles, l'ont soutenue pour aider à dépasser sa situation critique.

A l'heure où l'économie du pays est engluée par la crise du coronavirus, il existe quand même des bonnes nouvelles et c'est ce que la créatrice Valérie Berckmans a voulu faire savoir aux abonnés de sa newsletter et aux habitués de sa boutique de création féminine. " Nous voudrions vous remercier sincèrement pour votre aide précieuse, vos messages de soutien, votre shopping à distance et vos bons d'achats. Grâce à vous, nous avons pu continuer à honorer nos engagements et nous maintenir à flot. C'est juste formidable et ça nous donne confiance en l'avenir !", écrit-elle.

Depuis des années, cette créatrice crée deux collections par an en toute éco-responsabilité. Elle a d'ailleurs été précurseure dans ce domaine. Dans sa boutique-atelier de la rue Van Aartevelde dans le centre de Bruxelles, depuis 14 ans, elle fabrique des collections en coton bio (désormais à hauteur de 75%) mais aussi des pièces uniques ou quasi dans des tissus anciens qu'elle récupère chez des particuliers ou des boutiques. Les vêtements sont cousus... rue de Laeken et à Koekelberg (et une partie en France) !

Et tout, le moindre petit morceau de tissu est réutilisé : "On a lancé une collection enfants cousue dans les restes de la production femmes, on fait des ronds démaquillants réutilisables, des serviettes hygiéniques réutilisables, une petite collection de caleçons pour hommes. Et tout à la fin avec les chutes des chutes, on fait des boudins de porte, bien épais, bien lourds, superefficaces !", sourit cette convaincue contre vent et marée qu'il faut travailler au plus juste pour la terre et l'humain. "Toutes les directions que j'ai prises depuis que je me suis lancée dans la mode n'étaient pas faciles, surtout il y a 10 ans", on la regardait comme un extra-terrestre puis une bobo, mais elle a tenu le cap pour "monter une production locale, travailler avec des couturières d'ici et du tissu de plus en plus bio et des matières éco-responsables".

Un eshop et des livraisons à vélo

© Lies Engelen Photography

Aujourd'hui, la collection a pu avancer car les patrons et les tissus ont été livrés puis ramenés par Valérie et sa collègue à vélo dans les ateliers bruxellois.

Et finalement, c'est ce cheminement personnel et cette philosophie qui lui ont servi à affronter ce tsunami actuel. Lorsque cette cheffe d'entreprise dit qu'elle a pu honorer ses engagements, c'est qu'elle a pu payer les factures des couturières notamment. Grâce au droit passerelle mais surtout grâce à ses clients qui lui ont apporté un vrai soutien. " Les gens pouvaient nous appeler et on faisait un WhatsApp Shopping. Et on leur envoyait leur commande par colis ou si on pouvait, on le livrait à vélo nous-mêmes. Sinon, une partie des clients sachant ce qu'ils voulaient ont avancé la somme et viendront chercher leur pièce quand ce sera possible". Le temps de fermeture a également permis le lancement de l' eshop qui propose un mix entre les classiques intemporels et les modèles de la nouvelle collection. Et toujours un soutien sans faille qui lui a fait chaud au coeur.

© Lies Engelen Photography

La créatrice avoue que la situation n'a jamais été facile et ne l'est toujours pas, " même en temps normal, on a déjà une petite marge. Mais quand un gros grain de sable grippe la machine, tout s'emballe et l'inquiétude était bien là". Aujourd'hui, Valérie Berckmans est encore plus sûre de ses choix de création éthique. Parce qu'ils ont toujours mis l'humain et le lien au centre du processus, et la solidarité qui en découle paye en cas de coup dur finalement. Elle espère reprendre au plus vite son contact avec les clients, " le live, ça nous manque vraiment !"

> valerieberckmans.be

© Lies Engelen Photography