Pantalons trop larges, jupes trop courtes, t-shirts trop serrés. Trouver des vêtements à sa taille relève du casse-tête pour la majorité des plus de 50 ans.

D’ailleurs, une personne sur deux de cette tranche d’âge est contrainte de retoucher ses nouveaux habits, selon une enquête de Plus Magazine réalisée auprès de 5.700 internautes.

Ces données n’étonnent pas Alexandra de Raeve, spécialiste des textiles à la Hogeschool Gent : “Les firmes travaillent avec les mêmes mesures qu’il y a 25 ans. À l’époque, on mesurait seulement la taille et le tour du corps avec un mètre ruban. Les formes et les profils n’étaient pas pris en compte.”

Avec son équipe, la chercheuse a récemment mené une grande campagne de mensuration dans le pays. Pas moins de 2.500 Belges sont passés derrière le Bodyscan 3D. L’étude montre à quel point le corps change avec les années.

“Même si le poids reste identique, le volume se déplace. Pour les femmes autour de 25 ans, le volume est plutôt sur l’arrière du corps. Après 50 ans, il se déplace plutôt vers le ventre. Cela explique pourquoi certains vêtements sont peu adaptés.”

Le corps des hommes évolue, lui aussi, avec les années. “On constate qu’ils prennent du ventre plus jeune, à partir de 30 ans. Vers 50 ans, leur ventre diminue à nouveau”, poursuit la coordinatrice de l’équipe de chercheurs.

Cette campagne de mensuration menée auprès de Belges de tout âge en collaboration avec des marques devrait aboutir, dès la rentrée 2015, à la présence de nouveaux types de vêtements dans les rayons des magasins : leur taille correspondra mieux à la morphologie des clients.

Pour la première fois, les mensurations des plus de 50 ans seront prises en compte.

Une nouvelle qui devrait réjouir cette catégorie de la population. Selon le magazine Plus, quatre seniors sur cinq estiment qu’adapter les tailles à la morphologie des plus de 50 ans serait une bonne initiative.

>>> “Le marché va devoir s’adapter”

Christophe Urvoy-Isaac est directeur de l'agence de pub Senior Agency

“Les femmes âgées ont la frustration de trouver seulement des vêtements avec des tailles et des coupes qui ne correspondent pas. Il y a aussi un réel problème au niveau du conseil : il n’y a personne pour conseiller ces femmes en pleine évolution après la ménopause. En général, les jeunes femmes qui travaillent dans les magasins de vêtements n’ont ni l’expérience ni l’habitude de ce genre de clientes. Il y a un fossé entre ce que le senior cherche et ce qu’on lui propose !

Concernant les marques, il y a une confusion entre toucher une cible senior et vieillir sa marque, la rendre ringarde.

Mais cela va changer. Aujourd’hui, les seniors représentent environ 35 % de la population. Ça va énormément évoluer dans les prochaines années. Le marché va devoir s’adapter de lui-même.”