Pascale Naessens, qui vient juste de sortir le tome 2 en français de "Ma cuisine avec 4 ingrédients" se méfie des glucides rapides qu’on trouve en masse dans les produits de l’agro-industrie " qui ne rassasient pas, ce qui fait qu’on a tout le temps faim, que l’on craque en se tournant à nouveau vers des produits plein de glucides qui rendent esclave. Je le sais, j’étais comme ça ". À l’époque, elle s’est donc demandée comment remplacer cette source d’énergie rapide par une autre, meilleure en tout. D’où la présence de légumes et de plein de bonnes graisses dans ses recettes ! " Peu à peu, mon corps a réagi différemment, je n’avais plus cette faim insatiable. Et quand je mangeais, c’était tellement bon et rassasiant que je n’avais plus envie de rien d’autre. "

C’était il y a neuf ans. Le moment qui l'a définitivement fait basculer vers cette cuisine savoureuse, pauvre en glucide et riche en bonnes graisses ? "J'avais faim tout le temps, cela faisait partie de moi. Mais quand j'ai commencé à intégrer des noix et plus de graisses dans mes plats comme de l'huile d'olive, de coco, etc. j'ai commencé à arrêter de penser à la nourriture. Je n'avais plus faim et je ne pensais plus à "devoir" manger", se souvient-elle. Pascale Naessens est d'ailleurs très agacée de l'idée très vivace que "le rapport avec les aliments, c'est dans la tête que ça se passe. "On culpabilise les gens avec ça, ils croient qu'ils n'ont pas de volonté parce qu'on leur dit : mangez des pommes de terre, mais un peu seulement. Le truc c'est que manger des frites, des chips, des pâtes appellent obligatoirement les frites, les chips, les pâtes, c'est le corps qui réclame et on peut rien contre ça". La solution : donner autre chose d'aussi bon à son corps. "Et pour donner du goût et de l'appétence à quelque chose, il y a soit le sucre, soit le gras..."

"La base, c’est un régime varié, riche en légumes, en fruits, en bons produits les moins travaillés ou transformés possible" , souligne-t-elle, mais selon elle, raisonner d’après la pyramide alimentaire est bien trop simpliste. " Ce qu’on a perdu c’est écouter son corps, comprendre aussi comment fonctionne l’organisme en général et le sien en particulie r ." "Ce n’est pas une question de volonté, de force mentale, de motivation", insiste Pascale Naessens. Nous ne sommes ainsi pas du tout égaux en matière de glucides : certains surréagissent mais sans parler de pathologies, d’autres organismes (et ils sont nombreux) sont accro au sucre, à l’amidon : "et plus tu en manges, plus tu veux en manger, quand tu as faim comme quand tu n’as pas faim" .

Adopter un régime de type méditerranéen plus ou moins pauvre en glucides, c’est passer à une façon de s’alimenter qui gomme toutes ces envies dévorantes et cette faim à longueur de temps qui tenaille… "En quelques semaines, en quelques mois, on peut y arriver mais là encore ça dépend de ce qu’on peut comparer à une addiction. Et dans ce cas, mieux vaut se faire aider par la famille pour éviter de craquer."