Manger ? Pour une grande majorité, c’est trois voire quatre repas par jour. Et les grignotages sont fréquents. La nourriture est partout, si facilement accessible. Depuis quelques années, on entend parler du jeûne intermittent, une façon de s’alimenter qui fait alterner fenêtre d’alimentation et période de jeûne (le plus courant étant le 16/8, soit sauter un repas, le soir ou le matin). Ce qui permet au corps de puiser dans ses réserves et de mettre la glycémie au repos. Etonnamment, on retrouve de l’énergie physique et mentale, l’on perd quelques kilos au passage et la stabilisation après un régime est aisée. C’est un “fasting” que l’on peut suivre quelques jours par semaine ou tous les jours, selon sa détermination.

Mais de plus en plus désormais, on parle de l'OMAD et l’on voit fleurir sur les réseaux sociaux des groupes utilisant cet acronyme. Le One Meal A Day, c'est ne manger qu’un repas par jour, de préférence le midi ou le soir. Au lieu d’un 16/8, on fait un 23/1. Avec ce jeûne poussé, l’objectif est multiple. D’abord, le corps va commencer à brûler les graisses après avoir transformé l’entièreté de sa réserve de glucose qui est abondant dans notre mode de vie riche en glucides. C’est le mode cétose qu’on atteint également avec le régime cétogène (on mange très peu de glucides et beaucoup de bon gras). “Un état métabolique naturel qui a permis à la race humaine de s’adapter aux variations de l’offre alimentaire et de supporter la faim”, explique Pascale Naessens. Autre point positif : le système endocrinien n’est plus perturbé à longueur de journée par des pics d’insuline incessant, il reste stable. Et peut s'occuper d'autres "taches" !

Un bien-être physique et psychologique

Et notamment l’autophagie : le corps évacue les cellules mortes et les toxines de façon active, ce qui permet de retrouver de l’énergie, de doper ses hormones de croissance (et donc de booster la régénération cellulaire). C’est un régime alimentaire qui va permettre dans la majorité des cas d’inverser l’hypertension, le diabète de type 2 et même le syndrome polykistique des ovaires (SOPK).

Tout bénéf ? Certainement. Cela dit, il faut prendre ses précautions et pouvoir faire en sorte d’ingérer en un repas un bon apport nutritionnel. Le repas doit être principalement constitué d’aliments sains avec des protéines animales, végétales, beaucoup de légumes et des féculents. Et en pensant vitamines et minéraux. “On peut aussi l’accompagner de smoothies de légumes et/ou de fruits pour combler les apports en micro-nutriments”, souligne une coach en la matière. Mais il apporte aussi une liberté de manger intuitive : oui on peut manger ce que l’on ressent “bon” pour son corps et aussi manger ce qui nous fait envie de temps en temps : Eve Mayer dans le livre “La vie dans le jeûne” (Ed. Eyrolles) explique ainsi qu’“avec ce régime, vous n’aurez plus à surveiller tout le temps votre assiette pour voir si ce qui s’y trouve est correct. La liberté de manger ce que vous voulez est libératrice”.

Un contrôle de pro bienvenu

La difficulté, c’est de ne pas supporter la faim qui accompagne le passage à l’OMAD. Mieux vaut s’habituer en passant au jeûne 16/8. Et boire, boire, boire (de l’eau)!

Enfin, la fatigue passagère que la mise à l’OMAD entraîne peut devenir persistante : n’hésitez pas à consulter, car dans certains cas, cela peut aggraver les symptômes d’autres infections. Il est conseillé de toute façon de s’approcher d’un coach ou d’un médecin nutritionniste pour se lancer. Pensez aussi que manger une fois par jour induit une pression physique et psychologique qui n’est pas à négliger, surtout si l’on va mal ou qu’on est affaibli. Ces précautions prises, l’OMAD est une façon d’envisager l’alimentation qui procure beaucoup de bien-être une fois intégré de façon ponctuelle (1 ou 2 fois par semaine) ou quotidienne. Certains témoignent d’une vitalité et d’une “clarté mentale” sans précédent ! Et cela ré-apprend à être à l’écoute de son corps. Ce qui est devenu rare, alors qu’un Belge sur deux est en surpoids. A noter que de nombreuses "apps" gratuites (Simple, Fastic, ...) permettent de mieux comprendre le mécanisme et de comprendre ce qui se passe heure après heure de jeûne.