Le régime "céto" (ou "keto", à l’anglaise) est un terme dont on entend de plus en plus parler et qui donne lieu sur les réseaux sociaux à des photos avant-après de personnes ayant perdu un nombre de kilos conséquent. Et pourtant, voici par exemple la quantité de graisses préconisée dans le livre de Pascale Naesens "mon régime cétogène" pour une journée type : 43,8g au petit-déj (mini-quiche au jambon) ; 53,8 g au lunch (guacamole avocat) et 50g le soir avec un bouillon de bœuf aux tomates et à la crème. 150g à la grosse louche par jour… Une façon totalement différente d’envisager l’alimentation et d'où les glucides sont bannis.

Mais pourquoi manger gras ferait-il maigrir ? Parce que privé de glucides, le corps n'utilise plus le glucose sanguin pour source d'énergie mais ses réserves de graisse, on dit qu'il se met en cétose. Cette méthode a fait ses preuves depuis des années et de plus en plus de livres paraissent pour mettre en avant cette façon de s'alimenter qui permet de ne pas avoir faim du tout, même en se privant de glucides, c'est-à-dire de sucres et de maigrir en utilisant les pouvoirs de notre organisme.

Et c'est ce type de non-consommation de glucides couplée à un régime hypocalorique qui a convaincu l'Europe : fin avril, les régimes cétogènes à très faible teneur en calories ont été inclus dans les directives européennes en tant que traitement efficace de l'obésité chez les adultes. Cette décision fait suite à une étude ayant démontré que ces régimes sont sûrs et efficaces lorsqu'ils sont conduits sous la supervision d'un professionnel de la santé.

Des analyses poussées pour un régime difficile

En avril dernier, la revue scientifique Obesity Facts a publié une évaluation et une méta-analyse, soutenues par l'Obesity Management Task Force de l'EASO, portant sur les régimes cétogènes à très faible teneur en calories ("Very Low Calorie Ketogenic Diet" ou VLCKD) comme traitement de l'obésité et du surpoids. Sur les 15 études incluses, 7 provenaient du Groupe PronoKal, le groupe international qui développe des traitements médicaux contre l'excès de graisse, le surpoids et l'obésité. Le régime Pronokal est bien connu en Belgique pour avoir fait maigrir l'actuel bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever, de quelque 50 kg en 2012.

"En moyenne, on perd entre 8 et 10 kg par mois et au bout des trois étapes principales de régime à proprement parler, 95% de la perte de poids correspondent à de la masse graisseuse et pas musculaire", décrit Myriam Van Londersele, diététicienne et spécialiste de cette diète qui n'a rien d'évident puisqu'il s'agit de couper court et aux graisses et aux sucres (soit les macro-nutriments lipides et glucides).

En plus de cette perte de poids importante, L'étude a abouti  également à la conclusion que ce type de régime cétogène et hypocalorique "entraîne des réductions significatives des taux de cholestérol et de triglycérides et conduisent à des améliorations de la résistance à l'insuline par rapport à d'autres traitements de perte de poids d'une durée similaire. Ils réduisent aussi de façon significative le cholestérol LDL, et les taux de glycémie et de HbA1c".

Régime riche en protéines

Lorsque l'on sait qu'un Belge sur deux et en surpoids, que l'obésité est une épidémie mondiale, les institutions comme l'OMS ou encore l'Europe lancent des études pour déterminer des pistes d'avenir afin de traiter cette maladie. Ceci étant, un régime cétogène (qui conduit à ne pas manger beaucoup de légumes car beaucoup sont riches en glucides) associé à un régime hypo-calorique est très difficile à suivre s'il n'est pas suppléé en protéines et initié en concertation avec un médecin. La phase de stabilisation est aussi très importante. Chez PronoKal, "lorsque les patients suivent bien la méthode d'amaigrissement et la phase de stabilisation, ils gardent leur poids idéal à 90% au bout d'un an. A titre d'exemple, le chiffre est de 35% pour un régime hypocalorique classique". Encore faut-il faire partie de ceux qui suivent la méthode "correctement" de bout en bout ?