Filippo La Vecchia passe du chef à la carbonara parfaite à un homme à nu

Filippo La Vecchia a voulu montrer qu'un chef ce n'était pas qu'une veste blanche et des recettes. Et se dévoiler tel qu'il est au fond, un homme tatoué à l'histoire complexe.

E.W.
Filippo La Vecchia passe du chef à la carbonara parfaite à un homme à nu
©Jo Exelmans

Passer du chef à la carbonara parfaite à un homme à nu. Il faut pouvoir le faire... L'homme est ce qu'il cache disait André Malraux avec profondeur. Et c'est vrai pour Filippo La Vecchia, le célèbre patron tatoué de l'Osteria Romana qui s'était finalement beaucoup caché derrière l'Osteria et le succès de ce restaurant italien à nul autre pareil à Bruxelles. Et qui a décidé de s'exposer lors d'un shooting original du photographe Jo Exelmans : un chef non pas en train de cuisiner mais bien en train de se faire tatouer.

"Ce restaurant, c'est ma réussite, c'est moi, mais j'ai vraiment bossé pour ça ", explique-t-il en se passant la main dans ses cheveux noirs, exposant des avant-bras tatoués de biker et un torse itou. " Je me souviens encore, il y a 10 ans dès mon arrivée en Belgique j'ai fait le tour des restaurants italiens considérés comme les meilleurs à l'époque, les plats étaient belges en fait ! Il ne respectaient pas les traditions italiennes. J'ai halluciné et j'ai décidé de me différencier tout de suite, de viser directement le haut, le meilleur, vers une autre cible, vers un autre type de clientèle ".

D'ailleurs, rien que d'y penser, ce chef élevé aux "légendaires pâtes Amatriciana" de sa mamma fulmine encore : "Pour moi, la cuisine italienne est incontestablement au niveau du français et du japonais ! Et là, je vois ces préparations qui ils n'existent même pas, comme les carbo à la crème et l'incontournable bolo plein de fromage!"

Une personnalité jusque dans la déco

Filippo La Vecchia passe du chef à la carbonara parfaite à un homme à nu
©Jo Exelmans

Dans son restaurant, pas de nappe à carreaux, ni de clins d'oeil romains. C'est d'ailleurs peut-être là que l'on ressent toute la sensibilité du chef derrière ses airs de bad boy dur à cuire. Il a voulu y faire son nid rêvé : "Mais comme je n'avais pas grand chose au début, je me suis mis à courir les magasins vintage et les marchés de seconde main pour y trouver des choses incroyables que je retapais ". L'atmosphère se situe entre le Paris de la Belle Epoque et les clubs anglais. La lumière est diffuse, douce, sexy et fait la part belle aux bougies. C'est magique, c'est cosy, élégant. Avec cette petite touche "place to be" contrebalancée par un sentiment immédiat de bien-être et un personnel joliment présent, aux petits soins.

Cela démarra donc comme ça...

Dans un décor de cinéma, avec un chef rock n'roll qui aime à en rajouter dans le sexy et les meilleurs produits venus d'Italie. Au menu, des plats inspirés des recettes romaines classiques, comme le préféré de Filippo La Vecchia, Cacio e Pepe : du poivre et du fromage "tellement parfait dans sa simplicité" ou les linguine aux coquillages. Une cuisine de lazio authentique, exécutée maniaquement. "Cela devait marcher, je ne pouvais pas faire marche arrière". Ses carbonara achèvent de conquérir la capitale : servies à même la poêle, elles nourrissent le corps, le sourire, l'âme ! " Et à ceux qui disent que c'est trop salé, je dis... hmmm, non je préfère ne pas le dire. Mais le Guanciale, c'est délicieux", rigole le chef qui déteste toujours autant composer.

Aujourd'hui, le restaurant affiche complet la plupart du temps, Filippo La Vecchia que la vie n'a pas épargné est apaisé même si ses tatouages racontent beaucoup de ses douleurs, et de sa séparation forcée d'avec son fils, parti avec sa mère en Italie, quelques semaines après l'ouverture de son restaurant... Aujourd'hui; il passe une semaine par mois en Italie, auprès de son ragazzo adoré et de sa famille. Mais la Belgique, il l'aime ! Et il veut à nouveau la réveiller...

Tattoo forever

Filippo La Vecchia passe du chef à la carbonara parfaite à un homme à nu
©Jo Exelmans

Cette fois, il veut déconstruire l'image du chef en cuisine, bossant pour des étoiles ou des notes provenant de guides (même si, on le sait, pas mal de chefs pensent comme lui). Et celui du chef qui ne vit que pour et dans sa cuisine. "Je me suis caché derrière l'Osteria, j'avais envie de me montrer moi, mon mode de vie, ce que je suis : un homme tatoué et qui continue à en faire, un cuisinier à la discipline de fer qui adore le sport ou encore un homme tranquille pour qui la vie c'est loin d'être la fête tous les jours".

Et pourtant, c'est la décadence d'un shooting, celui, iconique, du chef anglais Marco Pierre White il y a 30 ans qui le décide à jouer ce jeu original. "Lui c'était rock n'roll et cigarettes et ces photos ont contribué à son succès. Aujourd'hui, c'est sexy mais healthy mais pareil, j'avais vraiment envie de casser les codes du chef un peu militaire qui engueule tout le monde en cuisine. Ou du bon vivant un peu trop bedonnant "

C'est donc un chef en train d'être tatoué qu'a shooté le photographe Jo Exelmans, à retrouver sur son compte Instagram. "Ce n'est pas facile de faire le mannequin avec tout une équipe et un tatouage en train d'être fait, ça fait mal" sourit-il. Mais le résultat tient dans ces photos provocantes au premier abord mais qui raconte une histoire, la sienne, "puisque toutes les autres sont prises, pour paraphraser Oscar Wilde ".

Et il se pourrait que l'on retrouve un jour Filippo La Vecchia dans les cuisines de Top Chef, côté chef et non côté concurrent....

Filippo La Vecchia passe du chef à la carbonara parfaite à un homme à nu
©Jo Exelmans

Osteria Romana

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