Un trésor de 10 milliards de dollars au fond de l'océan : la bataille juridique pour récupérer le magot fait rage

Saint Graal des épaves, le San José avait dans ses cales une cargaison estimée à plus de 10 milliards de dollars.

Un trésor de 10 milliards de dollars au fond de l'océan : la bataille juridique pour récupérer le magot fait rage

Huit juin 1708. Au large de Carthagène des Indes, dans la mer des Antilles, non loin des côtes de ce qui est aujourd’hui la Colombie, s’est déroulée une grande bataille navale entre 14 navires espagnols et anglais. Ces derniers tentant d’empêcher les Espagnols de ramener en Europe les richesses prises (pillées serait plus exact) dans leurs colonies d’Amérique.

Dans les cales du San José, vaisseau amiral de la flotte hispanique armé de plus de 60 canons, l'un des plus puissants du royaume d'Espagne, il y avait 200 tonnes d'or, d'argent, d'émeraudes et autres pierres précieuses. Rien n'arrivera à destination, le bateau a explosé lorsque les Anglais ont voulu s'en emparer. Seuls 17 des 600 à 700 membres d'équipage ont survécu. Depuis, les restes du San José et son trésor reposaient par 950 mètres de fond sans que personne ne sache où exactement.

En 1981, une expédition de chasseurs de trésors américains a affirmé avoir localisé le navire. Elle revendiquait 50 % des richesses qui étaient à bord. Celles-ci avaient alors été estimées par les autorités colombiennes à plus de 10 milliards de dollars (d'autres évoquent une valeur de plus de 17 milliards si on actualise la valeur des biens !), faisant du San José le Graal de toutes les épaves, n'en déplaise au Titanic ! De quoi également attiser toutes les convoitises, ce qui n'a pas manqué de se produire.

Un magot très revendiqué

Les Colombiens ont revendiqué la propriété de la précieuse cargaison car elle se trouve dans leurs eaux territoriales. Ils affirment avoir lancé leurs propres recherches et découvert le site où repose le galion en 2015.

Les Espagnols se sont aussi manifestés en vertu du droit international qui stipule qu'un naufrage ne dépossède pas un propriétaire de ses biens. Le magot du San José leur appartient, font-ils savoir.

Enfin, les indigènes boliviens font aussi valoir leurs droits. Ils affirment que le San José transportait des richesses de la Vice-royauté du Pérou qu'ils ont extraites.

Bogota n’entend pas lâcher l’affaire. La semaine dernière, les Colombiens ont diffusé des images inédites de haute précision de l’épave. On y voit des canons, de la vaisselle en porcelaine, des bouteilles, mais aussi et surtout ce qui ressemble à des pièces d’or et d’argent.

La Colombie a réaffirmé être la seule propriétaire de l’épave et de son incroyable trésor. Après avoir interdit aux opérateurs privés de pouvoir participer à la récupération de celui-ci, elle a avait déjà fait savoir qu’elle entendait mettre en valeur ce patrimoine avec la "construction" d’un musée des bateaux naufragés, puisque d’autres épaves ont été découvertes dans les environs. De quoi raviver l’imbroglio historico-juridique sur l’appartenance de ce qui est présenté comme le plus grand trésor de tous les temps.

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