Avec des activités aussi diverses que surprenantes, L’Éthiopie a tant à offrir…

Il est à peine 6h du matin et le soleil illumine généreusement Addis-Abeba. Seulement 10 petits degrés sont ressentis en matinée en ce début de mois de novembre. Les 2600 m d’altitude y sont pour beaucoup. Pas le temps de penser météo et de se refroidir car le programme est chargé et nous partons directement à la découverte de la capitale éthiopienne et des origines du territoire.

La circulation est fluide et ne nous empêche pas de nous aventurer dans le centre. La plus grande ville du pays, regroupant plus de trois millions d’habitants, ne ressemble pas vraiment à ce qu’on aurait pu imaginer. Entre quartiers "chics" ou cosy, les bidonvilles ou le quartier des affaires, le trajet nous permet de découvrir une des facettes de cet État méconnu.

L’Éthiopie se situe à mi-chemin entre pauvreté et croissance soutenue. Les Chinois ont investi les lieux pour aider le peuple à se développer et, en contrepartie, peuvent s’approvisionner de certaines richesses du sol. Ils ont d’ailleurs pris l’habitude de procéder de la sorte dans d’autres pays africains. Ce pays, marqué par son caractère multi-ethnique compte plus de quatre-vingt langues et dialectes locaux ! Les différentes populations ont, avec le temps, appris à se respecter pour éviter les soucis majeurs.

Nous voilà désormais arrivés au musée national, abritant de nombreux trésors locaux. Le fossile de la célèbre Lucy, l’australopithèque découverte en 1974 sur le site d’Hadar, y séjourne notamment comme attraction phare de l’établissement. Pour beaucoup, l’Éthiopie représente l’inconnu. La petite visite du musée nous fait comprendre que le pays est terre d’origine de bien belles découvertes.

Lalibela, la Jérusalem locale

Il faut seulement une petite heure de vol pour rallier le petit aéroport de Lalibela dans le nord du pays. Le paysage est bien différent d’Addis-Abeba. Ici, les habitants, fermiers et paysans pour la plupart, vivent dans des petites huttes ou maisonnettes. Le changement de décor est impressionnant et laisse l’impression de remonter le temps. Là-bas, quatre-vingts pour cent des Éthiopiens vivent encore dans les campagnes et leurs villages étendus.

Sur la route pour nous mener au centre de Lalibela, nous nous arrêtons par curiosité dans un petit village. Malgré des conditions de vie (très) précaires, les habitants sont chaleureux et ne manquent pas de nous esquisser leur plus beau sourire en guise de bienvenue. Le "pays du sourire" porte très bien son surnom.

Les enfants présents sont curieux et ne nous lâchent pas d’une semelle. Les plus chanceux recevront un stylo-bille. Ils ne demandent pas forcément de l’argent mais du matériel scolaire… car tous n’ont pas la chance ni le matériel nécessaire afin de pouvoir aller à l’école.

Notre petit bus reprend son chemin pour se rendre à l’une des attractions touristiques les plus prisées d’Éthiopie, le site des onze églises monolithiques de Lalibela.

L’endroit est à couper le souffle. Nous déambulons dans les allées des onze églises, qui ont la particularité d’avoir été construites de haut en bas, autrement dit, taillées à même la roche ! Le site, marqué d’un style architectural spectaculaire, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1978.

Au-delà des touristes qui parcourent les allées, ce sont surtout de nombreux pèlerins qui se recueillent dans ces lieux sacrés, considérés comme "terre sainte" pour les chrétiens. "C’est comme Jérusalem mais en Éthiopie", nous raconte notre guide.

Des chants religieux, rythmés au son de keberos et de sistres, des instruments locaux, attirent particulièrement notre attention. Nous faisons partie des plus chanceux : une fois par mois, une grande cérémonie religieuse se déroule au cœur des églises. Cela tombe bien, c’est aujourd’hui et c’est sous nos yeux. Cette procession dure de 3 à 9h et est animée par des prêtres/et ou moines qui se relaient dans des chants envoûtants.

Vue imprenable

Nous terminons la journée dans un endroit mémorable qui nous laissera bouche bée. Le restaurant Ben Abeba nous offre une vue imprenable sur un coucher de soleil que personne n’oubliera.

Les heures passent et le sommeil est difficile à trouver. Durant la nuit, nous avons tous été réveillés par des mélodies religieuses. Non, les pèlerins ne s’arrêtent pas lors des jours de prières, même dans le noir absolu.

Après une brève nuit de sommeil, nous nous rendons au plus grand marché du coin. Des vendeurs en tous genres se coltinent des dizaines de kilomètres à pied pour atteindre, le samedi, l’emplacement du marché.

Malgré l’activité et le chaos ambiant qui y règnent, le marché est plutôt bien organisé. Il y a une section spécifique pour les épices, un espace pour les céréales, une allée pour les vêtements et un endroit pour la vente du bétail… Il y en a pour tous les goûts.

Il est l’heure de partir. L’avion du retour ne nous attendra pas. Après cette courte visite matinale, nous retrouvons l’aéroport puis la capitale afin de participer, le dernier jour, à la plus grande course d’Afrique. La Great Ethiopian Run nous a rapprochés, un peu plus, de ce peuple ô combien sympathique et généreux. Les 10 kilomètres de parcours nous ont permis de dire au revoir à ce fabuleux pays, qui, sans aucun doute, nous fera revenir un jour ou l’autre tant il y a encore de beautés à y découvrir.

© Ferrante

5 bonnes raisons de se rendre en Éthiopie

Accessibilité

Ethiopian Airlines sera notre meilleur allié sur place si nous souhaitons voyager aisément. La plus grande compagnie aérienne africaine ne dessert pas moins de 125 destinations dans le monde. Détenue entièrement par le gouvernement, elle est également la plus grande entreprise nationale avec ses 16.000 employés. Ethiopian Airlines propose des prix réduits, environ 50 €, pour les vols domestiques (22 au total !) si l’on se rend initialement en Éthiopie avec leur compagnie.

La culture

L’Éthiopie possède une histoire tellement riche qu’il est impossible de la détailler en quelques lignes. Malgré l’insistance de l’Italie durant le XXe siècle, le peuple éthiopien est le seul du continent africain à ne pas avoir été colonisé, ce qui constitue la plus grande fierté nationale.

La diversité des activités

Il y a tellement de choses à voir qu’il est préférable de passer deux semaines (ou plus) afin d’avoir le temps de vivre pleinement son aventure éthiopienne. Il est primordial de prendre le pouls à Addis-Abeba, visiter les églises rupestres de Lalibela, se promener dans le désert du Danakil ou se balader dans la vallée historique de l’Omo. Juste pour ne citer qu’eux…

La cuisine

Les adeptes de plats épicés seront aux anges avec l’injera, le plat traditionnel éthiopien, à base de galettes de teff, une variété de céréale, accompagnées de sauces étonnantes et épicées. Les amoureux du café ne trouveront pas meilleur paradis que son pays d’origine. Vous pourrez notamment apprécier le "buna", la cérémonie du café dans de nombreux bars et restaurants. Une dame en tenue traditionnelle fera brûler de l’encens avant de servir le café dans la tasse et parfumera ce dernier d’une herbe odorante pour lui donner une saveur originale. Coup de cœur assuré.

La population

Les gens sont très sympathiques et accueillants. Vous vous sentirez en Éthiopie comme chez vous. On nous disait avant notre arrivée qu’on repartirait marqué par la chaleur humaine et les sourires sincères à notre égard. Cela s’est vérifié très rapidement.