Après une timide tentative de sa mère, Catherine de Médicis, qui utilisait ce petit ustensile uniquement pour manger des poires cuites, le roi Henri III lança la mode de la fourchette en France et dans nos régions. De retour de Pologne où il avait été roi de 1573 à 1575 avant d’être roi de France jusqu’en 1589, il décide de faire une escale en Italie, le pays sa mère. Sur place, il constate que les nobles de Venise utilisent une petite fourche dotée de deux dents pour déguster les pâtes dont ils raffolent.

Avant tout désireux de manger sans tacher la collerette qu’il porte le plus souvent, Henri III décide de ramener à Paris une de ces curieuses petites fourches qu’il se met à utiliser dans son restaurant préféré, la célèbre Tour d’Argent. Très vite, il fait des émules autour de lui.

Une fourchette à 2 puis 4 dents

Mais certains font de la résistance comme Louis XIV (roi de France de 1643 à 1651) qui refusa la fourchette à sa table pour continuer à manger avec les doigts ainsi que tous ses courtisans. Il faudra attendre la fin du XVIIe siècle pour que la petite fourche ou fourchette soit réellement populaire. Malgré une opposition … du clergé qui y voyait un instrument imaginé par le diable dans le but d’inciter à la gourmandise donc au péché. A l’époque, sur les tables royales, les petits pois faisaient régulièrement partie des menus. Avec une fourchette à deux dents il fallait les piquer l’un après l’autre. Pas évident… C’est ainsi qu’apparut la fourchette à quatre dents que nous utilisons de nos jours. En réalité, la fourchette est nettement plus ancienne. Elle apparaît sous l’Empire byzantin. Vers l’an 1000, une princesse byzantine, Théodora Doukas l’embarque dans ses valises pour l’Italie où elle épouse le Doge de Venise, Domenico Selvo. Les Italiens adoptent très vite la fourchette (forcheta) pour manger leurs traditionnelles pâtes.

De nos jours, certaines fourchettes ne possèdent que deux ou trois dents : les fourchettes à huîtres, à crustacés ou encore à escargots.

© SHUTTERSTOCK