On connaissait déjà le Flygskam, voici venu le Köpskam.

En ce vendredi noir en l'honneur de la consommation et des bonnes affaires, les alternatives se multiplient pour faire de ce Black Friday venu tout droit d'outre-Atlantique, une fête raisonnée. On y détruit le capitalisme et la surconsommation tout en encourageant les alternatives vertes et en défendant l'environnement et l'urgence climatique.

Un vendredi qui fait tache dans cette année 2019 qui a vu s'éveiller les consciences comme jamais sur les questions environnementales, avec en tête de proue la jeune Suédoise Greta Thunberg. Celle-là même qui a traversé l'Atlantique en bateau car elle refuse désormais de prendre l'avion, question de pollution. Depuis plusieurs mois, de nombreuses personnes ont décidé de lui emboîter le pas et de réduire leur empreinte écologique en boycottant les trajets en avion, à tel point que cela s'est fait ressentir sur le trafic aérien (4,4 % de passagers en moins en un an) et qu'un terme suédois est né pour qualifier ce qui est désormais devenu une honte : le flygskam, ou la honte de prendre l'avion.

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Mieux acheter

Plus récemment, c'est une autre honte qui touche les Suédois et qui a, elle aussi, donné naissance à un néologisme : le Köpskam, ou la honte d'acheter. C'est en particulier le secteur de la mode qui est visé puisqu'il est l'un des plus polluants de la planète. Adieu donc les prix bon marché de la fast fashion, les Suédois ont décidé d'acheter mieux et moins. "S’il s’avère que ce concept entraîne une réduction de la consommation, il est évident que cela aura des conséquences majeures", s'est inquiété Jonas Arnberg, PDG de l’Institut suédois du commerce et de l’industrie (HUI) au journal Aftonbladet.

Car si le mot qualifie une "honte", il permet surtout de repenser sa consommation pour la rendre plus durable et de suivre le précepte largement encouragé ces derniers temps : acheter moins mais mieux. On veut dire par là : de meilleure qualité, plus solide, qui tient plus longtemps, qui est fabriqué en respectant l'environnement, les travailleurs et la santé. Adieu la surconsommation donc. Si l'impact d'une telle tendance peut être aussi large que celui qui s'est produit sur le trafic aérien, il y a des chances pour que les grandes marques se mettent à produire mieux et à faire attention à leur impact environnemental. À titre d'exemple, un jean nécessite 7 500 litres d'eau pour être produit, d'après un rapport des Nations unies. C'est l'équivalent de l’eau bue par un être humain pendant sept ans, nous informe Le Monde. Quoi de mieux que de savoir cela avant de céder aux achats faciles de ce Black Friday ?