Évoluant au fil des soubresauts de la météo, floraisons tardives, baies, feuillages scintillants peignent d’étonnants tableaux avant de s’incliner devant l’hiver. Le jardin est en route vers le temps du sommeil. La saison des plantations en motte et à racines nues est de retour. Penser à l’avenir est d’actualité. L’automne fourmille de jolies surprises. C’est le moment de se faire plaisir. L’une d’elles, peut-être, trouvera le chemin de notre jardin. Bref coup d’œil sur quelques-unes.

Les printemps très secs suivis d’été souvent caniculaires ont un peu bouleversé les habitudes des jardiniers qui dorénavant plantent au plus vite pour bénéficier des pluies hivernales.

Le Camellia d’automne

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Le Camellia sasanqua pousse à l’état sauvage sur les îles de Shikoku et Kyushu au sud du Japon. Il mit du temps à s’imposer à nous jardiniers car il ne possède pas les grandes fleurs pleines des Camellia japonica. Il fallut que l’on en vienne à aimer les fleurs plus légères, plus naturelles qui fleurissent à l’automne pour qu’il ait une chance de s’établir dans nos jardins. Ce grand arbuste à feuillage persistant et à croissance lente aime une terre fraiche, humifère et le soleil. Sa floraison est à cheval entre l’automne et l’hiver. Elle débute selon la météo fin septembre et se prolonge jusqu’en décembre en fonction des conditions. Aujourd’hui, les hybridations se multiplient. Les fleurs deviennent de plus en plus sophistiquées et souvent parfumées. Une situation un peu protégée des vents froids lui convient. En cas de fortes chaleurs estivales, un copieux arrosage lui permet de mieux former ses boutons floraux.

Les pommiers décoratifs

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Des ports variés et gracieux, des fleurs au printemps, des couleurs de feuillage en automne et de beaux petits fruits…Que demander de plus ? Ces petits arbres peu encombrants qui ne font pas trop d’ombre ont plus d’un atout dans leurs branches. Ils ne peuvent donc qu’avoir du succès dans les jardins actuels. Ces variétés ornementales de pommier sont de plus en plus répandues et chaque année apporte là aussi son lot de nouveautés. Les floraisons peuvent être blanches ou roses et les couleurs des fruits varient également du rouge au jaune en passant par l’orange. Ils sont assez résistants et bien moins susceptibles de développer une maladie que les variétés fruitières. Il en existe de tailles et de formes variées. Ils s’accommodent de toutes les terres même calcaires ou lourdes. En pot, sur une terrasse, le Malus ‘Pom’zaï’ variété miniature convient tout-à-fait. Le ravissant pommier ‘Evereste’ est un petit compagnon idéal des grands pommiers à fruits. Il est utile à leur pollinisation. Malus ‘Sugar Tyme’ est apparu assez récemment et sa très belle floraison blanche est parfumée tandis que ses fruits sont rouges et assez menus. Son port est plutôt étalé. Les fruits restent sur l’arbre une partie de l’hiver.

Une nouvelle vie pour le buisson ardent

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Doté d’une réputation assez cruelle, le Pyracantha gagne à être regardé d’un œil neuf. Les Anglais l’ont compris depuis longtemps et l’ont mis en scène de façon remarquable. Le mur ouest de Bourton House dans les Cotswolds est décoré de la variété ‘Mohave’ en espaliers. Une image inoubliable.

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Ce buisson vigoureux, peu exigeant quant au sol et à l’exposition fait partie d’un genre botanique persistant et épineux. Une fois installé, il supporte assez bien la sécheresse. Aux bouquets de fleurs blanches odorantes très mellifères entre mai et juillet succèdent selon les variétés des baies colorées jaunes, orange ou rouges très appréciées des oiseaux. En mélange, ils forment un bosquet kaléidoscopique très spectaculaire. Seule la taille peut laisser à celui qui la pratique des souvenirs douloureux. Le spectacle des baies dure une grande partie de l’hiver. Pyracantha ‘Sparkler’ est un petit buisson au feuillage panaché de crème et de rose. Il éclaire les coins sombres par son éclatante floraison suivie de baies rouge orangé.

Floraisons parfumées

 

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L’Abelia x grandiflora est un arbuste aux branches souples à feuillage persistant ou semi-persistant selon les rigueurs de l’hiver. Il est peu exigeant sur la nature du sol pourvu qu’il ne soit pas détrempé et lourd. Il est doté d’une floribondité exceptionnelle. Ses fleurs odorantes en clochette blanc rosé illuminent l’été et l’automne. Les bractées rouges persistent longtemps sur l’arbuste. Ses fleurs contrastent joliment avec les tiges acajou. Ses points faibles : les hivers trop rudes et les vents glacés et desséchants. Il aime les situations chaudes et les endroits protégés. L’entretien se limite à la taille du vieux bois au printemps. Isolé, en haie ou dans une plate-bande, il ne passe jamais inaperçu. Il existe des variétés plus expansives que d’autres et quelques-unes à feuillage panaché. En mars, il convient de nettoyer les branches du centre pour aérer la plante et faire pénétrer la lumière. Veillez à l’arrosage les premiers étés qui suivent la plantation.

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 L’Osmanthus est souvent utilisé en remplacement du buis. Il s’agit principalement de l’Osmanthus x burkwoodii à la silhouette nette, toujours élégante et aux feuilles persistantes assez proches de celles du buis. Sa floraison printanière est délicieusement parfumée. L’Osmanthus heterophyllus a des feuilles de houx et fleurit, lui, en automne. Il peut former des haies ou des buissons spectaculaires.