Magazine

Et si avoir la bougeotte au bureau était désormais recommandé par les médecins ? Une étude menée par une équipe scientifique britannique montre que les personnes qui ne restent pas tranquillement assises sur leur chaise réussissent ainsi à contrecarrer certains effets néfastes de la sédentarité.


Cela semble difficile à croire, mais des scientifiques ont noté un risque accru de mortalité chez les personnes qui ne bougent pas sur leurs sièges contrairement à ceux qui ont tendance à gigoter. "Même si de plus amples recherches sont nécessaires, les résultats soulèvent la question de savoir si l'association négative que l'on fait des personnes qui ont la bougeotte avec un manque de politesse ou de concentration, devrait persister si ces simples mouvements sont bénéfiques pour la santé", explique le co-auteur Janet Cade, de l'université de Leeds, au Royaume-Uni.

Même les personnes qui font suffisamment d'exercice et qui dorment huit heures par nuit peuvent aisément passer 15 heures par jour assises, soit la grande majorité de leur journée.

Quelques pas et plus encore

Le fait de se lever régulièrement pour faire quelques pas est préconisé depuis plusieurs années pour améliorer la santé des employés de bureau, mais cette dernière étude se présente comme la première à s'intéresser précisément au fait de remuer sur sa chaise et des conséquences sur la mortalité.

L'équipe de chercheurs a travaillé à partir de données concernant des Anglaises âgées de 35 à 69 ans, ils ont analysé les résultats suivant un premier suivi médical sur l'alimentation et la santé, puis leur ont envoyé un autre questionnaire de suivi sur leur style de vie, leur pratique sportive, leur alimentation, les maladies chroniques dont elles souffraient et leur ont aussi demandé si elles remuaient ou non sur leur siège de bureau.

Une étude qui aura duré 12 ans

Plus de 14.000 questionnaires ont été retournés aux chercheurs, suite à la première vague d'études qui avait suivi ces mêmes femmes 12 années durant, afin de suivre les taux de mortalité. Chez les femmes qui avaient le moins la bougeotte, le fait de rester assises plus de sept heures par jour était associé à un risque de mort supplémentaire de 30%, peu importe la cause du décès.

En revanche, les personnes qui remuaient le plus sur leur chaise voyaient leur risque de mortalité chuter si elles restaient assises entre cinq et six heures.  Pour ce groupe, et aussi celui des femmes qui affichaient une bougeotte modérée, les scientifiques n'ont pas observé d'augmentation de la mortalité lorsqu'elles restaient assises plus longtemps.

Cette étude a été relayée par la version numérique de l'American Journal of Preventative Medicine, mais les scientifiques tiennent à préciser que de plus amples recherches sont nécessaires pour identifier les mécanismes à l’œuvre.

L'exercice physique n'aide pas contre les méfaits de la station assise

On notera par ailleurs que l'exercice physique ne doit pas être considéré comme une manière de contrer les méfaits de la station assise prolongée, comma l'a montré une méta-analyse récente. "Éviter les périodes de sédentarité et la pratique d’une activité sportive régulière sont deux choses importantes pour améliorer votre santé et votre survie", avait commenté le professeur Alter, du University Health Network (UHN). Il a aussi précisé qu' "il n’est pas suffisant de faire de l’exercice 30 minutes par jour et de rester sédentaire pendant 23H30".