Bruno a passé dix ans de sa vie mal dans sa peau. Il y a deux ans, une opération a tout changé.

Tout jeune, Bruno avait des cheveux épais, noirs, soyeux, bouclés. À tel point qu’il pose même pour des coiffeurs de renom. Jusqu’à 25 ans. Là, il commence à les perdre sans faire trop attention, il en a tellement. À 30 ans, ses cheveux partent par poignées dès qu’il passe la main sur sa tête et, à chaque shampooing, la perte est dure à vivre. " Je l’ai su directement. Mon père était chauve. C’est une alopécie androgénique héréditaire ." La perte des cheveux commence par le haut, sur le front, et gagne l’arrière du crâne.

Travaillant dans la communication, l’homme supporte mal ce changement rapide qui le vieillit et prend rendez-vous chez un spécialiste qui lui conseille du minoxidil, un produit à mettre tous les jours sur les cheveux qui freine fortement la chute. " Mais ça rend les cheveux gras et tu es vite à une belle somme parce que ça coûte environ 50 euros non remboursés tous les deux mois ."

Le problème, c’est que cet homme marié et père de trois enfants commence à complexer. Il n’arrive plus à se regarder dans la glace, fuit les photos entre amis ou en famille. " J’ai eu le moral à zéro pendant dix ans. Et ça se ressentait dans ma vie, évidemment. C’est un sentiment intime, pas rationnel du tout, tu focalises et tu ne penses plus qu’à ça." On le compare "sans arrêt à papy " et le malaise grandit.

Bruno consulte plusieurs spécialistes de l’implant capillaire. Verdict : 11 000 euros avec la nécessité de refaire des implants deux ou trois ans après la première opération pour le haut et l’arrière du crâne car sa zone donneuse (voir ci-contre) n’est pas très fournie. Alors, il se renseigne longuement sur les sites et les forums concernant la Turquie, où 300 cliniques de l’implant existent, et " fait son marché ". C’est décidé, ce sera 2 500 euros, pour l’opération, vol et hôtel pendant trois jours compris.

Les consultations via photos et vidéos lui apportent le même diagnostic qu’en Europe. L’opération est longue. " On s’ennuie pas mal " mais le résultat peu à peu l’amène à revivre. " Après un gros mois, les cheveux apparaissent et, là enfin, tu découvres pourquoi tu as fait tout ça. Sauf qu’ils tombent tous après quinze jours. Pour mieux repousser. Pour l’été, j’étais bien. Je revivais, ça a changé ma vie ! Si j’avais su, je l’aurais fait dix ans avant."