Pour garder le moral, rien de tel qu’une petite promenade jardinière tout près de chez soi. Fleurs, couleurs, parfums et dépaysement sont au rendez-vous comme chaque année dès le début du printemps. D’un côté l’apogée des cerisiers d’ornement, de l’autre celle des bulbes, narcisses, tulipes et Cie ; le tout dans 2 cadres idylliques qui à eux seuls valent déjà le déplacement. A découvrir ou à redécouvrir.

Hasselt et son jardin japonais

Hanami vous connaissez ? Littéralement regarder les fleurs en japonais, Hanami, une des plus grandes fêtes du pays du soleil levant, pousse ses habitants à aller humer l’air du temps sous les cerisiers, lorsqu’ils sont en pleine floraison. Chaque année une impressionnante nuée de fleurs blanches légèrement rose pâle à l’assaut du ciel. Dans la culture nippone rythmée par les saisons, elles symbolisent à la fois la pureté de la jeune fille, la mort du samouraï au combat et l’arrivée du printemps. Elles célèbrent le renouveau mais aussi la beauté fragile et éphémère vu qu’à peine écloses, elles tombent déjà élégamment sur le sol. Un spectacle inoubliable annoncé en grande pompe par les bulletins météos, fin mars à Kyôto et Tokyo, début avril à Osaka.

© MPV/MNC

A Hasselt dans le Limbourg, à la suite du jumelage avec la ville d’Itami près d’Osaka, la magie opère depuis 1992, avec la création d’un des plus grands et plus authentiques jardins japonais d’Europe. Le long du ring, sur une friche de 2,5 ha, une élégante promenade dessinée au bord de l’eau, prend rapidement forme. Cascades, ruisseaux ou lac immobile véritable miroir peuplé de koïs symboles de longévité, forment un paysage miniaturisé et idéalisé à la manière des jardins de thé du XVIIème siècle. Ponctué d’une maison de thé, de ponts, lanternes de pierre et de rochers savamment sélectionnés et disposés avec l’aide de jardiniers japonais expérimentés, ce jardin bien plus qu’un simple décor, interpelle le visiteur. Pour les uns, un chemin vers la sérénité, pour les autres un parcours initiatique, le parcours de la vie. Selon la tradition, les végétaux sont choisis pour marquer le cycle des saisons. Le printemps fête notamment les cerisiers, plus de 200 importés de leur pays d’origine, puis les azalées aux couleurs vives alors que l’automne suscite l’embrasement des feuillages des érables. Les pins taillés patiemment, domptés et apprivoisés par l’homme font le lien et révèlent la beauté cachée de ce lieu d’exception.

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Adresse: Gouverneur Verwilghensingel 15 à 3500 Hasselt

Hanami, saison des fleurs jusqu’au 30 avril

Réservation des tickets d’entrée en ligne : www.visithasselt.be

Floralia Brussels à Grand-Bigard
© Floralia Brussels

Au château de Grand-Bigard, après une année de fermeture pour cause de confinement et le triste spectacle d’un parc sans visiteurs, l’enthousiasme est toujours là. La 18ème saison des tulipes, narcisses, jonquilles, muscaris et autres jacinthes est ouverte depuis début avril ! Aux portes de Bruxelles, l’occasion de découvrir jusqu’au 2 mai prochain plus d’un million de bulbes dans les massifs de ce parc de 14 hectares dessiné par l’architecte paysagiste Louis Fuchs, renommé sous Léopold II. Dans les parties conçues à l’anglaise ou à la française, les plantes aux mille couleurs composent des scènes détonantes qui varient d’une année à l’autre sur base d’un dessin rigoureux imaginé et réalisé par la famille Bakker, réputée en Hollande pour sa magnifique production de bulbes.

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C’est à l’automne que le printemps se prépare. Une dizaine de jardiniers plantent, à la main, plus d’un million d’oignons sélectionnés selon des critères précis de couleur, de forme et de parfum. Les tulipes, des centaines et des centaines de variétés, sont les reines. Elles sont classées selon leur période de floraison, - hâtive, moyenne ou tardive - et selon la forme de leurs fleurs. Les botaniques qui se ressèment entrent les premières en scène puis les dénommées triomphes, fleurs-de-lys ou perroquets viennent dans la lumière. Avec elles, une belle tribu de narcisses, jacinthes, muscaris ou fritillaires, les variétés les plus connues côtoyant les raretés qui attirent le regard aiguisé des connaisseurs. Afin que les années ne se ressemblent pas, que la qualité des bulbes soit irréprochable et que les nouveautés soient mises à l’honneur, les oignons sont patiemment enlevés chaque fin de saison. Un travail de titan.

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Partout, dans des parterres aux formes géométriques ou plus naturels, sur les 3 terrasses du jardin français, aux alentours du donjon, dans le jardin secret, les immenses pelouses, ou sous les arbres centenaires, les bulbes égaient le printemps de leurs couleurs audacieuses. Cette année se cachent un immense cœur de tulipes rouges et un labyrinthe aux couleurs de l’arc-en-ciel. A côté du verger, une autre surprise attend également le promeneur : une collection d’azalées et rhododendrons provenant des célèbres jardins d’Exbury de Lionel de Rothschild au sud-ouest de l’Angleterre.

A Grand-Bigard, l’atmosphère est bien loin d’un show version Keukenhof, véritable vitrine du savoir-faire hollandais. Ici, c’est d’abord et avant tout, une invitation à la promenade dans un splendide éden familial imprégné d’histoire et inscrit dans l’avenir.

Adresse: Isidoor van Beverenstraat 5 à 1702 Dilbeek

Floralia Brussels jusqu’au 2 mai

Réservation des tickets d’entrée en ligne : www.floralia-brussels.be