Le burnout, c'est ce mal qui touche notre rapport à un pan essentiel de la vie : le travail. Le point avec Alexandra Goemaere, naturopathe, et ses conseils pour s'écouter ou réussir à sortir de son burnout.


On dit toujours que le travail, c'est la santé. Cet adage ne concerne pourtant pas tout le monde. Et si beaucoup de travailleurs pensent être à l'abri du burnout, ce mal du siècle peut toucher n'importe qui et surtout les plus consciencieux, impliqués, et perfectionnistes d'entre nous. Il est souvent difficile de l'admettre et les personnes concernées surestiment leurs forces, elles ne perçoivent pas leurs limites, elles épuisent leurs ressources. Mais, les conséquences peuvent être redoutables pour la santé, jusqu'à ce que le corps lui-même ne suive plus. Alors avant de s'enfoncer, peut-être est-il temps en cette période de rentrée d'apprendre à mieux se connaître, à saisir les clés qui renforceront notre hygiène de vie professionnelle.

Si le burnout est une maladie diagnostiquée par un médecin, sa guérison passe aussi par des traitements parallèles. Alexandra Goemaere est naturopathe. Son rôle, c'est justement d'améliorer la santé des gens par des moyens naturels, de leur souffler les précieux conseils pour retrouver l'envie de prendre soin d'eux. Cette discipline passe par toutes sortes de techniques et conseils que beaucoup d'entre nous connaissent, mais oublient sans doute de mettre en pratique. On retrouve donc : la nutrition, l'exercice physique, la relaxation, les plantes, les massages, la réflexologie, les exercices de respiration, les soins, etc. Évidemment, chaque travailleur étant différent, les méthodes sont personnalisées en fonction des besoins des uns et des autres. Entretien et conseils pour se (re)prendre en main.


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Le burnout, c'est quoi exactement ?

Tout d'abord, il doit être diagnostiqué par un médecin. On le définit surtout comme un épuisement professionnel, un sentiment de fatigue très intense. On perd le contrôle, plus moyen de travailler jusqu'au bout. On dit que c'est un syndrome d'épuisement émotionnel et donc petit à petit, suite à un stress chronique, le corps va s'épuiser. On peut même parfois arriver à un stade de dépersonnalisation, de perte de l'estime de soi, et on en arrive à des situations extrêmes où le corps ne peut même plus se lever le matin pour se rendre au travail et accomplir ses tâches. On ne sent même plus les signaux qu'il nous envoie.


Quels sont les symptômes ?

L'humeur qui se dégrade, un sentiment de tristesse, de la fatigue, des troubles du sommeil, des problèmes digestifs, une mauvaise manière de s'alimenter, des migraines, une perte d'estime de soi, des problèmes de concentration, la tension qui monte, on ressent des douleurs un peu partout (estomac, dos, articulations, vertiges, nausées, etc.).


Qui est plus particulièrement exposé à ce mal-être ?

Tout le monde peut être touché par le burnout, mais les causes sont souvent multifactorielles. Il faut être soumis à un stress chronique, souvent une charge de travail plus importante, des problèmes d'organisation et de communication au sein de l'entreprise. Les hommes sont plus souvent touchés, davantage de jeunes et des gens avec un niveau élevé d'éducation. On dit généralement qu'il s'agit de la maladie du cadre supérieur. Après, il existe des facteurs plus personnalisés avec une adaptation différente au stress. Les perfectionnistes sont par exemple plus touchés, certaines personnes sont aussi plus vite stressées, d'autres connaissent des vies compliquées ou trop de solitude. On relève aussi de la frustration par rapport au travail fourni et à la manière dont il est perçu par les autres, donc un manque de reconnaissance, d'autonomie, de soutien.


Comment agir au travail ?

Il faut analyser la charge de travail et tenter d'engager des gens ou un stagiaire pour l'alléger. La communication au sein de l'entreprise doit s'améliorer. Le burnout est souvent lié au supérieur hiérarchique, il est donc essentiel de tenter de lui en parler, de mieux se faire reconnaître, d'obtenir un allègement du travail, de refuser de ramener du travail chez soi le soir et les week-ends. S'il est borné, alors il faut tenter de travailler sur ses capacités d'adaptation (gestion du stress, relaxation, etc.). Mais il est important d'en parler déjà autour de soi, avec ses collègues. Il faut réussir à s'imposer des limites, même si ce n'est pas évident puisqu'on veut toujours mieux faire. L'extrême, c'est évidemment de changer de travail, mais ce n'est pas toujours évident. Si en période de rush, il est difficile de sortir la tête du travail, il faut absolument durant les autres périodes alterner travail et repos, prendre du temps pour soi, faire du sport, se promener, voir sa famille et ses amis, rire.


Les conseils d'Alexandra Goemaere pour prévenir le burnout ou aider à en sortir:

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  • Quoi qu'il arrive, si vous présentez les symptômes, il ne faut plus se rendre au boulot. Un médecin établira le diagnostic et vous mettra en arrêt de travail.

  • Pour guérir au plus vite, il est important de compléter les soins médicaux avec un psychologue, des massages, de la relaxation, des exercices de respiration, de l'exercice physique, etc.

  • Il faut pouvoir s'accorder du temps pour reprendre soin de soi, pour se retrouver, savoir ce qu'on aime, apprendre à mieux gérer le stress, faire le point.

  • Cela passe aussi par l'alimentation. On se rend compte que la flore intestinale est directement liée au système nerveux.

  • L'exercice physique est indispensable. Souvent, on ne s'en rend pas compte, mais c'est un antidépresseur naturel. Il empêche la fatigue, relance la dopamine (attention, pas à outrance non plus, le programme doit être adapté).

  • Le contact avec la nature est très important, faire des balades en forêt, à cheval, toucher les arbres.

  • La respiration. Cela passe par une bonne oxygénation en plein air, mais aussi par des exercices respiratoires : la respiration ventrale, la respiration ujai (respiration freinée) qui permet le contrôle des émotions, les exercices de cohérence cardiaque pour bien maîtriser le stress et réguler les tensions cardiaques, du yoga pour combiner exercice physique et respiration, la méditation pour apprendre à se recentrer,

  • Un bon repos est essentiel, un sommeil de qualité.

  • Le soleil aussi fait du bien (vitamine D).

  • L'alternance travail et repos, se détendre, réaliser des choses qui nous font du bien,

  • La relaxation

  • La sophrologie

  • Les massages


Les plantes et substances naturelles conseillées :

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  • Les probiotiques pour la flore intestinale

  • Les Omega 3

  • Le magnésium. Le stress à outrance peut déclencher une carence, alors que le magnésium est très important pour le système nerveux.

  • La vitamine B6 (levure alimentaire, saumon, pomme de terre, noix, foie cuit, riz complet, etc.)

  • Le ginkgo biloba qui aide à revitaliser les fonctions cérébrales, la circulation sanguine, permet une meilleure oxygénation du cerveau. Il aide à la concentration et la mémoire.

  • L'Eleutherocoque, une plante qui permet de s'adapter, d'améliorer la résistance, de résister à la fatigue. Elle agit sur les glandes surrénales qui lorsqu'elles sont soumises au stress fonctionnent moins bien, ce qui peut entraîner une grande fatigue, une baisse de la tension artérielle.

  • Le millepertuis sous indication du médecin. Cette plante peut aider en cas de dépressions légères, d'anxiété, de nervosité.

  • La valériane, un tranquillisant naturel qui aide à dormir.

  • La passiflore, plante calmante pour un sommeil réparateur sans effets secondaires.

  • La fleur de Bach au cas par cas.

  • Certaines huiles essentielles au cas par cas aussi, comme la bergamote qui apporte de la joie, la mandarine qui peut être calmante, etc.