Cela part d’un bon sentiment : nourrir son enfant, c’est l’aimer et le lui montrer en fait ! Portion généreuse, repasse bien fournie, injonctions à finir coûte que coûte son assiette sont encore des comportements habituels et généreux dans les familles.

Pourtant, cela peut brouiller le message de la faim et le rapport à la nourriture chez bien des enfants à qui on a assené des "mange !", "finis ton assiette", "tu ne sortiras pas de table avant d’avoir tout fini". Des ordres qui cachent une envie de bien faire, une peur qu’il manque, qu’il ait faim plus tard. Et que l’on se communique inconsciemment de génération en génération !

En fait, l’enfance est la période pendant laquelle se forge notre lien à la nourriture. "Or, dans l’inconscient collectif des parents marqué par les périodes de disette et de guerres successives, il n’est pas supportable de voir de la nourriture gâchée dans les assiettes que l’on remplit généreusement, toujours à cause de cette peur de manquer", décrit Vanessa Carrara-Douillet dans un chapitre consacré à une patiente qui se lance dans une hypnothérapie pour mincir. La thérapeute, hypnothérapeute et formatrice en santé et en soin vient de sortir son livre Second Souffle - Comment retrouver son enfant intérieur (Éd. Michel Lafon).

Rapport conflictuel

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la satiété est un état naturel chez l’enfant. Son organisme sait quand il a reçu la quantité de nourriture adéquate et adresse à son cerveau un signal lui indiquant qu’il est repu. "En les obligeant à manger plus que nécessaire, on inculque aux enfants de mauvaises habitudes alimentaires, qui les exposent plus tard à un risque d’obésité", explique la praticienne. "Une fois devenus adultes, ils seront incapables de contrôler les quantités de nourriture suffisantes à satisfaire leurs besoins vitaux. C’est pourquoi je conseille aux parents de renoncer à cette injonction de vider son assiette à tout prix."

Selon elle, en agissant ainsi, on pourra remarquer chez les enfants un calme retrouvé mais aussi une autonomie face à l’acte de se nourrir.

Pendant ses années de pratique, elle a pu constater que ses patients en surpoids avaient à la base eu un rapport conflictuel avec leurs parents au moment de l’enfance : soit qu’ils testaient leurs parents en refusant de manger, soit que ceux-ci les forçaient à manger.