Gongbang, vous avez dit gongbang ? Mais quelle est cette pratique dont les jeunes raffolent depuis des mois ? Si à une lettre près, on bascule dans la pornographie, on vous rassure le gongbang avec un “o” n’a rien de sexuel. Rien du tout. Ce nouveau phénomène qui fait un carton chez les étudiants et leur donnerait même envie… d’étudier davantage !

En quoi ça consiste ?

Pratique née en Corée du Sud, le gongbang signifie “émission d’études” en coréen. Cette pratique consiste à se filmer en train d’étudier afin d’inviter d’autres étudiants à prendre exemple. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, regarder quelqu’un réviser donnerait vraiment envie d’ouvrir ses bouquins et d’en faire de même.

Un livre qui s’ouvre, une page qui se tourne, un crayon qui gratte le papier sont peut-être les seuls bruits perceptibles dans une vidéo où le silence est de mise. Et cela peut durer des heures et des heures, voire parfois des journées entières !


Seuls mais solidaires

En période de crise sanitaire, le gongbang peut être perçu comme un plan B pour les jeunes à qui l’on déconseille vivement de se rassembler pour étudier. Sorte de moteur, cette pratique permet donc de se motiver les uns les autres durant une période où les neurones carburent et où les relations sociales qui permettent de décompresser sont réduites au minimum. “Si vous avez une petite baisse de motivation, on étudie ensemble”, dit une étudiante dans une vidéo. “Moi aussi, j’ai examen cette semaine. On est tous dans le même bateau.” Une façon donc d’être solidaire tout en étant chacun chez soi…

Des millions de vues sur Youtube

Sur Youtube, certains étudiants sont devenus de véritables stars du gongbang. Certains voient leurs vidéos atteindre des millions de vues. C’est le cas d’une étudiante en médecine résidant à New York. Créatrice de la chaîne TheStrive Studies, celle-ci publie régulièrement ses séances d’études en musique et en “Pomodoro Session”, c’est-à-dire en restant concentrée sur une seule et unique tâche pendant 25 minutes pour ensuite s’accorder une courte pause avant de repartir de plus belle. L’une de ses vidéos a dépassé les 7 millions de vues. Impressionnant…

Avant ça, le Mok-Bang

Venu également de Corée du Sud, le mok-bang a gagné en notoriété il y a environ 7 ans. Sorte de voyeurisme gastronomique, celui-ci consiste à se faire filmer en train de manger des quantités (souvent astronomiques) de nourriture. Et cela en faisant des commentaires ou en partageant son point de vue sur un sujet d’actualité. En Asie, le phénomène a créé de véritables stars de la toile qui cumulent les vues sur Youtube et qui arrivent à arrondir leurs fins de mois grâce à l’argent qu’elles touchent en publiant leurs vidéos. Le mok-bang s’est également exporté dans le reste du monde, et, en particulier, aux États-Unis et en Europe. L’intérêt de ce dernier ? En cette période où les restaurants sont fermés, on pourrait y voir l’occasion pour ceux qui ont besoin de compagnie de partager, par ordinateurs interposés, un repas avec une autre personne. Ceux qui sont en plein régime pourront, quant à eux, se faire plaisir en mangeant par procuration.