Le nord de la France a beaucoup souffert de la dernière guerre et ses villes en portent encore les traces. À Boulogne-sur-Mer, le centre historique a heureusement été préservé. Juché en haut de la cité, il se prête idéalement à la balade. Si la visite de Nausicaá vous a usé les jambes, il est conseillé d’emprunter la navette qui fait le tour de la ville.

Une fois arrivé en haut, vous serez face aux remparts. Les quatre portes, dont l’emplacement n’a guère changé depuis l’Antiquité, permettent l’accès au chemin de ronde, promenade très agréable qui offre de belles perspectives sur toute la ville et les jardins fleuris au pied des remparts. L’ancien tour de garde, autrefois investi par les soldats, fait ainsi le bonheur des joggers, des promeneurs et autres amoureux de vieilles pierres.

Vous pouvez aussi faire un tour au musée dont les collections ont été enrichies depuis 1825 par les habitants de la ville qui s’en étaient allés parcourir le monde. Avec une nouvelle présentation, le musée de Boulogne-sur-Mer incite à voyager d’une culture à l’autre, depuis l’Égypte antique - collection ayant appartenu au célèbre égyptologue natif de Boulogne : Auguste Mariette - en passant par la Grèce, l’Océanie, l’Afrique, l’archéologie locale, l’Europe médiévale, les beaux-arts et arts décoratifs, jusqu’à l’exceptionnelle collection unique en Europe, de masques d’Alaska.

Une halte à la basilique Notre-Dame s’impose également. Son histoire est liée à celle d’un miracle. Au VIIe siècle, une barque, sans rame ni matelot, vient s’échouer sur le rivage avec à son bord: une statue de la Vierge. Dès lors, la cité devient le lieu d’un grand pèlerinage, l’un des plus importants d’Europe au Moyen-âge. Pendant les croisades, les chevaliers passent par Boulogne pour faire bénir leurs épées avant de prendre le chemin de Jérusalem. On dénombre pas moins de quatorze rois de France et cinq rois d’Angleterre venus en personne la prier.

À l’intérieur, l’édifice renferme de précieux trésors: le maître-autel des princes Torlonia, chef d’œuvre de la mosaïque italienne du XIXe siècle, composé de 147 variétés de marbres et métaux précieux, la statue du Roi David, le Buffet des Grandes Orgues, le retable du sacré cœur, une chaire de vérité, des fresques… Sans oublier sa crypte unique, la plus vaste de France, qui vaut à elle seule le détour. Un vrai labyrinthe de 1 400 m2 dans lequel sont dévoilées des œuvres à couper le souffle. Dans ce dédale étonnant, qui rassemble à lui seul toute l’histoire de la ville, chaque salle vous projette dans le temps. Les fouilles conduites en 2012 ont permis de découvrir des trésors insoupçonnés comme un pan de mur antique qui indique l’existence d’un camp romain à Boulogne-sur-mer un siècle avant notre ère.

Si vous êtes amateur de nourritures plus terrestres que spirituelles, la vieille ville est riche en bistrots et restaurants de belle qualité où vous pourrez vous délecter des produits de la mer à des prix défiant toute concurrence. Boulogne-sur-Mer reste le premier port de pêche de France et les soles qu’on y déguste sont d’une taille et d’une fraîcheur à faire honte à plus d’un gargotier de la côte belge.

Mentionnons encore le vénérable beffroi haut de 37 mètres. Situé sur la place Godefroy de Bouillon, il semble veiller sur les habitants tel un vieux sage… Construit au XIIe siècle, il a connu les époques florissantes comme les pires turpitudes, mais il est resté debout !

Enfin, en contrebas de la vieille ville se dresse le stade de football où un certain Frank Ribéry a usé ses premiers crampons. En guise de souvenir, pourquoi ne pas ramener un mug aux couleurs noir et rouge du club de la boutique où le gérant vous réservera un accueil sympathique ?