Difficile de résister à ces plantes étranges et très décoratives. Quelques-unes font merveille dans nos intérieurs, d’autres dans nos jardins.

Les succulentes sont taillées pour survivre. Elles ont la capacité de stocker l’eau dans leurs feuilles, tiges ou racines. Ce sont des plantes charnues adaptées aux milieux arides, elles sont aussi appelées plantes grasses. Cette dénomination fait référence à leur sève (suc) épaisse et visqueuse. La présence de structures particulières capables d’emmagasiner l’eau les distingue des autres végétaux. Elle leur confère une morphologie caractéristique qui leur permet de traverser des sécheresses prolongées. La classification de succulentes comprend de nombreuses familles botaniques. La plus connue étant celle des cactées. Elles forment un monde complexe, très diversifié. Elles peuplent les rocailles, les coins arides, les terrasses, les toits, les balcons ensoleillés mais aussi nos logements. Conciliantes, elles ne se formalisent pas des vacances de l’arroseur et attendent patiemment son retour. Elles se prêtent à de nombreux usages et la culture en pot ne leur fait pas peur. Ce qu’elles craignent, c’est l’eau stagnante, les hivers et printemps humides ainsi que l’excès d’engrais.

Pour le reste, tout est affaire de goût et, dans ce domaine, souvent mode varie.

Dans la maison

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Le secret de la réussite tient au substrat et au drainage ainsi qu’à un arrosage maîtrisé. L’idéal est de bien laisser sécher entre deux interventions. En hiver, période de repos, éloignez-les des sources de chaleur et modérez les apports d’eau. Une bonne luminosité leur est indispensable. Attention au plein soleil ! Ces plantes aiment les expositions chaudes mais les rayons brûlants du soleil ne conviennent pas à toutes. Les beaux jours venus, il est tout à fait possible de les mettre dehors. Elles apprécient un rempotage printanier quand c’est nécessaire. Se renseigner lors de l’achat sur les exigences spécifiques de chacune.

Des méconnues et d’autres

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L’aspect graphique du Kalanchoé à fleurs en thyrse, Kalanchoe thyrsiflora fait merveille dans les intérieurs contemporains. Très ornementale et pas franchement courante, cette succulente spectaculaire peut séjourner sur la terrasse ou au balcon durant les beaux jours. Dès que la température avoisine les 4 °C, la plante doit être rentrée. Les grandes feuilles vert pâle marginées de rouge lui donnent un look qui n’appartient qu’à elle. Les Kalanchoe ont des aspects très variables selon les espèces. Celle-ci est originaire d’Afrique du Sud.

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La sansevière est, elle, archiconnue. Avec ses feuilles vertes dressées ressemblant à des sabres, elle s’épanouit même sur un rebord de fenêtre situé au nord. La plante dite inratable par excellence. Il en existe plusieurs formes qui valent la peine d’être découvertes.

À l’intérieur, un petit paysage

Les succulentes sont des plantes idéales pour se lancer dans la création d’un petit jardin miniature. Une sorte de minijardin japonais. Celles de petite taille mélangent leurs feuillages, leurs couleurs et leurs allures variées dans une vasque ou un plat pour former un coin de jardin sec voire une parcelle de désert. Disposez vos plantes en respectant les hauteurs. Comblez les interstices avec un peu de gravier. Ces végétaux croissent lentement de sorte qu’un arrangement bien calculé peut être conservé longtemps sans avoir à changer de récipient. Ne jamais oublier la couche de drainage au fond du pot.

À l’extérieur

Quelques succulentes judicieusement choisies donnent l’illusion d’une minirocaille, une fois rassemblées dans une auge ou une grande jardinière. Pour le jardin ou la terrasse, le choix doit se porter sur celles qui résistent à tout. À l’origine, hôtes des montagnes, les joubarbes (Sempervivum) et certains orpins (Sedum) rampants se sont habitués aux pires conditions climatiques et ne redoutent ni le froid, ni la neige, ni la pluie, ni la sécheresse. Vous trouverez parmi eux, des espèces sauvages ou des hybrides à marier dans votre composition. Ils peuvent y être associés à d’autres plantes bien rustiques, hélianthèmes, saxifrages, phlox rampants.

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Les joubarbes et orpins rampants forment de surcroît de beaux tapis de végétation et sont d’excellents couvre-sol à l’unique condition d’être à l’abri de toute humidité stagnante.

Il n’est pas rare de voir de la joubarbe sur les toits (Sempervivum tectorum), elle était censée éloigner la foudre et accessoirement le diable. Aujourd’hui orpins et joubarbes, grâce à leur grande frugalité et à leur capacité à supporter les grands écarts de température garnissent les toitures végétalisées.

Les passionnés de plantes alpines pratiquent depuis longtemps ces cultures dans des “raised bed”. Ce type d’aménagement très “british” peut être traduit approximativement par lit surélevé. Aujourd’hui, on parle de “raised bed gardening” pour les potagers surélevés.

Suggestions

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Les petits sédums rampants sont faciles à vivre. Le Sedum acre ou poivre des murailles et Sedum album, l’orpin blanc s’invitent partout si les conditions leur conviennent. Ils peuvent se ressemer dans les graviers, preuve s’il en est de leur adaptabilité. Le Sedum reflexum, l’orpin réfléchi compte plusieurs variétés horticoles avec des teintes de feuillage différentes. Les couleurs des floraisons varient elles aussi.
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