La taekwondoka de 18 ans a ouvert une porte dans un pays où les droits des femmes ne sont toujours pas respectés.


La Britannique Jade Jones, tombeuse de Raheleh Asemani en quarts de finale, a conservé son titre de championne olympique en taekwondo féminin en s'imposant en finale des moins de 57 kg face à l'Espagnole Eva Calmo, jeudi à Rio. Mais c'est aussi la performance de de l'Iranienne Kimia Alizadeh Zenoorin que l'on retiendra lors de ces JO.

En effet, Zenoorin a décroché le bronze, tout comme l'Egyptienne Hedaya Wahba. Il s'agit d'une première pour l'Iran: jamais une femme de ce pays n'avait glané la moindre médaille olympique. C'est donc avec fierté que la jeune femme de 18 ans est montée sur le podium emmitouflée dans le drapeau de son pays.

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Cette médaille de bronze, acquise lors d'un dernier combat face à la Suédoise Nikita Glasnovic représente beaucoup plus qu'un simple bout de métal. "Je suis si heureuse pour les femmes iraniennes et j'espère que la prochaine médaille sera en or", s'est enthousiasmée Kimia Alizadeh Zenoorin après ce podium historique. Les sportives en Iran doivent faire avec les lois religieuses, qui leur interdisent de se découvrir, ce qui a des conséquences: elles ne peuvent pas participer à toutes les disciplines inscrites aux JO. 

Il faut rappeler que depuis 1979, les femmes ne peuvent avoir accès aux stades où se déroulent des compétitions 100% masculines. Une situation dénoncée par une activiste iranienne au cours de ces Jeux. Darya Safai avait déployé une banderole lors d'un match de volley où l'on pouvait lire "Laissez les femmes iraniennes entrer dans leurs stades". La jeune femme, qui vit en Belgique, avait été "invitée" à ranger cette banderole, le CIO n'acceptant aucun message politique dans ses tribunes. Deux jours plus tard, le Comité olympique se rétractait et la laissait revenir pour faire passer ce message devant les caméras du monde entier.

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