Entre forêt tropicale, plages paradisiaques et cuisine variée, L’île des Antilles françaises a plus d’un tour dans son sac.

Plages paradisiaques, eaux turquoise, cocotiers en abondance, température moyenne annuelle de 30 degrés et forêts luxuriantes : la Martinique a des airs de destinations de carte postale. Et elle l’est ! Les amateurs de baignades sont chez eux, puisque pas un point de l’île n’est éloigné de plus de 12 kilomètres de la mer. Mais la petite île des Antilles, à peine plus grande que le Brabant wallon, offre aussi un incroyable voyage miniature aux quatre coins de la planète. D’un coin de rue à l’autre, d’une mangrove à un sentier perdu de forêt, le visiteur pourra ainsi se sentir tantôt en Europe, tantôt en Amérique du Sud, en Afrique, voire en Asie. L’histoire de la Martinique, dont Christophe Colomb fut le premier Européen à fouler le sol en 1502, est aussi riche que mouvementée. "Nous sommes une petite île avec la soif d’un grand continent", disait l’écrivain et homme politique martiniquais Aimé Césaire. Voyager en Martinique, c’est aussi se sentir à la fois loin et très près de la Belgique.

Supermarchés, route municipale, gendarmerie nationale… tout rappelle que "l’île aux fleurs" est une collectivité territoriale de la République française. Une appartenance à la France qui a ses avantages pour le voyageur belge (services de santé au standard européen, aucun surplus forfaitaire pour son téléphone portable…) mais aussi un gros inconvénient : la vie en Martinique est de 25 à 30 % plus chère qu’en Belgique. Beaucoup de produits sont ainsi directement importés de la "métropole". Tout comme sa voisine la Guadeloupe, la Martinique aurait, selon les offices de tourisme, un "taux de répétition" parmi les plus élevés au monde chez ses visiteurs. Comprenez, une première visite en amène quasiment toujours d’autres. Autre particularité : l’offre hôtelière est assez limitée, au contraire de celle de locations de villa ou d’habitation via Airbnb, plutôt favorisée par les autorités locales.

Depuis "Les Trois îlets", où se trouvent la plupart des plus beaux hôtels et quelques plages paradisiaques, l’arrivée en bateau à Fort-de-France, chef-lieu de la Martinique, est assez spectaculaire. Dominée par la montagne Morne Césaire, la ville vit à son rythme lancinant. Décontractée, Fort-de-France doit son titre de "capitale" de l’île suite à une catastrophe plus au nord de l’île : l’éruption en 1902 de la montagne Pelée, point culminant de la Martinique avec ses 1 397 mètres, qui ravagea Saint-Pierre, ville la plus importante de l’époque. Cette histoire marquée d’incendies et de catastrophes naturelles est illustrée sur les vitraux de l’imposante cathédrale Saint-Louis, reconstruite à cinq reprises depuis 1671. L’édifice est également renommé pour ses grandes orgues. Du silence religieux, on passe allègrement aux accents colorés des vendeuses du marché de fruits, épices et légumes, véritable épicentre de Fort-de-France. Ici, entre le "ti punch" et les accras, tout le monde s’appelle "Doudou" (chéri en créole). En plus des souvenirs classiques et du rhum, on essaiera aussi de vous vendre des potions censées améliorer vos performances sexuelles… Penons de la hauteur. À dix kilomètres de Fort-de-France et en suivant une route montagneuse, le Jardin de Balata est un incontournable d’une visite sur cette île des Antilles françaises. Ici, on comprend mieux pourquoi la Martinique est surnommée "l’île aux fleurs".

Organisé autour d’une habitation familiale à l’architecture créole typique, ce véritable jardin d’Eden a été façonné par un horticulteur français revenu sur la terre de ses ancêtres. Après être accueilli par un ballet de colibris, le visiteur retrouvera des espèces florales de toutes les régions tropicales du monde, via un parcours passant par des ponts suspendus et des panoramas à couper le souffle. Reprenons la route, toujours aussi sinueuse, vers l’est de l’île et un lieu où le temps semble s’être arrêté au milieu du XVIIIe siècle. Bienvenue à l’habitation Clément, un lieu chargé d’histoire et une ancienne distillerie désormais transformée en musée. Pour les amateurs, c’est aussi l’occasion de déguster l’un des grands classiques de la Martinique, le rhum Clément, avec achat de bouteilles pour les plus convaincus. Les Martiniquais vous le répéteront à chaque coin de rue avec fierté : les rhums agricoles de l’île sont les seuls au monde à bénéficier de l’appellation d’origine contrôlée. Si le rhum n’est plus fabriqué au sein de l’habitation Clément, les chais de vieillissement y subsistent et sont toujours utilisés actuellement. Le lieu, entouré d’un vaste jardin et classé monument historique, a aussi accueilli une rencontre au sommet en 1991 entre le président français de l’époque, François Mitterrand et son homologue américain George H. W. Bush. La première guerre du Golfe venait de se terminer et le contexte était tendu. L’histoire ne raconte pas si la dégustation du fameux rhum Clément fut à l’origine du (léger) réchauffement des relations entre les deux pays. Toujours est-il qu’il est dit en Martinique que le président Bush partit "très satisfait" de ce court périple dans les Antilles françaises.