Avant d’être fabriquée en laboratoire sous une forme synthétique, la mélatonine est une hormone naturellement sécrétée par notre cerveau à l’obscurité. Son rôle ? Faire basculer notre organisme en “mode nuit.” Un processus physiologique dûment rodé… en théorie. Car dans les faits, des dysfonctionnements peuvent survenir. C’est dans ces cas bien précis qu’une supplémentation en mélatonine peut présenter un intérêt.

Modifier l’heure à laquelle on s’endort. Certaines personnes sont susceptibles de développer des troubles du rythme veille-sommeil. “C’est le cas des adolescents et des jeunes adultes chez qui les horaires de coucher et de lever ont tendance à se retarder”, dit le Dr Marie-Françoise Vecchierini, membre de l’Institut national français du sommeil et de la vigilance. “Ce décalage des rythmes peut être aggravé par une exposition nocturne à la lumière des écrans venant inhiber la sécrétion de mélatonine. On pense aussi aux personnes âgées chez qui la production endogène de mélatonine peut diminuer avec les années.”

Vous ne parvenez pas à vous coucher tôt, et avez de grandes difficultés à vous lever le matin ? On parle alors de “syndrome de retard de phase”. Mieux vaut prendre une mélatonine dite “à libération immédiate”. “Le but est d’avancer le début de sécrétion et donc le pic de la mélatonine fabriquée dans notre cerveau, afin d’avancer l’heure d’endormissement. On recommande alors la prise par voie orale d’une faible dose de mélatonine à libération immédiate (de 0,5 à 1 mg), en moyenne 4 à 5 heures avant l’horaire d’endormissement souhaité et sur une période de 4 à 6 semaines”. En parallèle, on applique des conseils d’hygiène de sommeil, principalement l’éviction des écrans au minimum deux heures avant l’heure du coucher, couplée à une exposition à la lumière le matin, dès le réveil.

Vous vous endormez et vous levez trop tôt ? Chez les personnes sujettes au syndrome d’avance de phase, on peut à l’inverse recommander une exposition, le soir venu, à une lumière forte permettant de retarder la libération de mélatonine et par ricochet, celle de l’heure d’endormissement.

Au-delà de 2 mg, la mélatonine exogène exerce également un effet “soporifique”, d’où son indication dans la prise en charge de l’insomnie primaire chez les personnes âgées de 55 ans et plus. “Il s’agit d’un traitement médical, avec de la mélatonine dite à libération prolongée (une prise orale de 2 mg, en moyenne une heure avant le coucher et pendant 4 à 6 semaines), souligne le Dr Vecchierini. Ce traitement va réduire le temps de latence à l’endormissement.”