Magazine Considérée comme une religion au Nord du pays, cette pratique commence à faire des émules en Wallonie, où de plus en plus de courses sont organisées.

Alors que la pratique du cyclo-cross s’apparente à une religion en Flandre, on ne peut pas en dire autant du côté de Bruxelles et de la Wallonie, où l’engouement est incomparable. Niels Albert, Sven Nys, ou plus récemment Mathieu van der Poel ou Wout Van Aert sont des stars au Nord du pays pour avoir été sacrés champions du monde de la discipline, tandis qu’aucun coureur wallon ou bruxellois ne figure au palmarès récent.

Mais le fossé entre la Flandre et la Wallonie se réduit peu à peu : de plus en plus de coureurs se mettent à cette pratique au Sud du pays. "La Flandre est considérée comme le centre névralgique du cyclo-cross mondial, mais la pratique se développe à vive allure en Wallonie. Le cyclo-cross est une discipline hivernale qui permet de travailler l’agilité, de faire des efforts courts et intenses et c’est très prisé chez les jeunes, mais également chez les personnes âgées. C’est une discipline très technique qui requiert beaucoup de sang-froid. De plus, ça se passe dans les bois ou sur un terrain boueux donc le risque de chute est théoriquement moins grand, et la chute, si elle survient, est souvent moins douloureuse", explique Laurent Mars, coordinateur du cyclo club de Chevigny, en province du Luxembourg. Ce club a été créé il y a presque 40 ans et c’est celui qui compte le plus grand nombre d’affiliés en Wallonie.

Preuve de l’engouement au Sud du pays, de plus en plus de courses se déroulent en Région wallonne. "Une manche de la Coupe du monde se tient à la Citadelle de Namur. C’est en quelque sorte l’épreuve reine du cyclo-cross au sud du pays, considérée comme une classique dans le calendrier international", explique Laurent. "Nous organisons également une quinzaine de courses par an en Wallonie, comme l’Ardenne Challenge qui se tient en avril ou la DH Famenne Ardenne Classique."

À côté de ça, plusieurs challenges sont organisés, comme le Challenge de la Province de Liège ou celui de la Province de Namur. "Les participants sont toujours plus nombreux car c’est l’occasion de faire du sport le dimanche sans se prendre la tête, dans une ambiance conviviale. C’est cet aspect-là qui attire du monde et des spectateurs. En cyclo-cross, toutes les catégories de courses sont organisées le même jour, ce qui en fait une sorte de festival cycliste. Donc si deux frères concourent dans deux catégories différentes, ils le font la même journée ce qui limite les déplacements pour les parents, qui en profitent pour venir les supporter. C’est véritablement une discipline familiale qui rassemble tout le monde, petits et grands", poursuit Laurent.

Alors certes, le nombre de coureurs qui pratiquent le cyclo-cross en Wallonie est incomparable par rapport à la Flandre, où cette discipline fait partie intégrante de la culture sportive, mais l’engouement au sud du pays est toutefois confirmé par Eddy Lissens, coordinateur cyclo-cross de la Royale ligue vélocipédique belge (RLVB) : "On constate en effet de plus en plus d’intérêt pour cette pratique, notamment du côté de la province de Liège où de nombreuses courses sont organisées. Mais le cyclo-cross s’étend également en Région bruxelloise, où la première épreuve dans la capitale s’est tenue le 6 janvier dernier sur le campus de l’ULB, la Brussels Universities Cyclocross", conclut-il