Il n’y avait pas 36 solutions au vu de l’ampleur de la polémique et des critiques. Mercredi, la Cour royale des Pays-Bas a diffusé une courte vidéo dans laquelle apparaissent le roi Willem Alexander et la reine Maxima en plein acte de contrition. Les mines sont sombres et graves. La reine Maxima d’habitude si solaire, semble totalement éteinte.

Vendredi 16 octobre, l’opposition questionne le Premier ministre Mark Rutte. Où est le souverain puisque l’étendard ne flotte plus sur le Palais Huis ten Bosch ? Le chef du gouvernement esquive et lâche qu’il est question d’un séjour privé. On comprend alors que les souverains et leurs filles ont quitté le pays pour leur résidence de Kranidi au Péloponnèse en Grèce.

À un moment où les Pays-Bas vivent un sérieux tour de vis par rapport à la pandémie avec la fermeture (pour la première fois) des cafés et restaurants, cette escapade vire à la tragédie grecque de la famille royale. Alerté par l’effervescence médiatique, le couple royal décide à peine après avoir atterri de rebrousser chemin. Un communiqué précise alors qu’il a compris qu’il n’était pas opportun en des temps si tourmentés d’alimenter les critiques.

Mais l’affaire n’en reste pas là et les critiques continuent à fuser, surtout lorsque l’on comprend que les souverains et leur fille cadette sont rentrés le vendredi soir par vol KLM (ils avaient utilisé un avion privé à l’aller) mais que les princesses Amalia et Alexia ne sont rentrées que trois jours plus tard, faute officiellement de billets d’avion disponibles.

D’un point de vue stratégique de communication, cette prise de parole était probablement la seule issue pour tenter d’éteindre ce feu nourri de reproches. Le roi a regretté ce choix de partir à l’étranger à un moment où la population souffre et déplore la rupture de confiance qui avait été placé en lui. Il rappelle toutefois que ces derniers mois la famille royale a toujours fait de son mieux pour être auprès de la population sur le terrain ou à son écoute par téléphone ou vidéo.

Et de conclure que nul n’est malheureusement infaillible. Ce n’est pas la première fois que Willem Alexander et Maxima sont dans l’œil du cyclone en raison de leur résidence secondaire de vacances. En 2007, le couple s’était entiché d’un projet immobilier écoresponsable dans la péninsule de Machagulo au Mozambique. Rapidement, les frais considérables de sécurité et de transport avaient ouvert de vifs débats au parlement. En 2009, Willem Alexander qui n’était alors pas encore roi, avait annoncé renoncer au projet et vendre la villa qui lui avait occasionné tant de nuits blanches.

Le couple avait alors acquis une vaste propriété en Grèce. À l’heure des réseaux sociaux, où tout est passé au crible, susceptible d’être objet de critiques et dans un contexte sanitaire qui rend encore plus intransigeant, l’exemplarité réclamée aux souverains est extrême. Willem Alexander et Maxima l’ont bien compris.

En novembre 2015, après les attentats de Paris, la Belgique vivait sous cloche avec le dispositif Ocam 4. La diffusion d’une photo volée du roi Philippe et de la reine Mathilde en cure de thalasso - ils étaient sur place avant les attentats et n’avaient pas modifié leurs plans de week-end - à Quiberon en France, avait aussi suscité une volée de bois vert, l’opinion publique sous tension, ne comprenant pas que le monarque ne partage pas son sort.