Le régime "céto" (ou "keto", à l’anglaise) est un terme dont on entend de plus en plus parler et qui donne lieu sur les réseaux sociaux à des photos avant-après de personnes ayant perdu un nombre de kilos conséquent. Et pourtant, voici par exemple la quantité de graisses pour une journée type : 43,8g au petit-déj (mini-quiche au jambon) ; 53,8g au lunch (guacamole avocat) et 50g le soir avec un bouillon de bœuf aux tomates et à la crème. 150g à la grosse louche par jour… Une façon totalement différente d’envisager l’alimentation. Pascale Naessens, auteure de nombreux livres de recettes modérément pauvres en glucides mais riches en goût et en couleurs, qui sont autant de best-sellers côté néerlandophone et désormais côté francophone, s’est penchée sur ce régime cétogène. Elle explique avec deux professeurs ses spécificités, où en est la recherche à ce sujet, et propose dans son nouveau livre une cure de 14 jours pour s’y essayer. Voici l’antithèse de l’alimentation occidentale, riche en glucides rapides, en grignotages et en suralimentation.

Expliquez-nous exactement en quoi consiste le régime cétogène.

"Notre façon actuelle de nous alimenter fait que le corps utilise le glucose sanguin comme première source d’énergie. Son autre source d’énergie, c’est la graisse, dans laquelle il puisera si le sucre vient à manquer. En mangeant des plats exclusivement cétogènes, c’est-à-dire avec moins de 50 g de glucides par jour et très riches en graisses matin, midi et soir, votre corps va entièrement basculer vers la graisse comme première source d’énergie. En transformant les graisses, le foie va produire des cétones qui servent de source d’énergie. Si votre foie produit des cétones en permanence vous êtes en état de cétose."

Quels sont les bienfaits ?

C’est un régime conseillé aux personnes en surpoids, celles souffrant de prédiabète, de diabète de type 2, de problèmes de santé, d’ovaires polykystiques… L’intérêt de ce régime c’est que l’on n’a pas faim du tout, on n’a plus de fringales, les graisses étant rassasiantes. Et l’on brûle plus de calories avec un régime pauvre en glucides et riche en graisses qu’avec un régime riche en glucides mais pauvre en graisses ! Au final, moins on mange de sucres, moins on en a envie et moins on a faim.

Aussi, un régime pauvre en glucides a une incidence rapide et positive sur le taux de sucre sanguin et rend stable et basse la glycémie, ce qui contrecarre le diabète de type 2.

Tout le monde peut s’y mettre ?

Les personnes médicamentées doivent être suivies. Et on ne change pas du jour au lendemain en passant du mode d’alimentation occidental où l’on tire de 55 à 70 % d’énergie des glucides à quelque 30 g de glucides par jour, soit l’équivalent de… deux tartines. On doit y aller progressivement, oublier ce qu’on a appris ! Le premier pas le plus important, c’est de retrouver une nourriture saine, c’est-à-dire naturelle, non traitée, à l’opposé de la malbouffe et à "faire soi-même". 2e étape, ne plus manger tout le temps : snack, collation, petite pause sucrée, fini ! Là, on se sentira déjà bien moins sous l’emprise du sucre et des pics et des bas glycémiques qui conduisent à manger encore. Je dirais que j’envisage le cétogène d’abord comme une cure à adopter de façon limitée dans le temps. Cela entraîne le corps à devenir davantage "brûleur de graisses" en quelque sorte.

Ma cure céto - Une nouvelle vie en 14 jours. Pascale Naessens, Ed. Lannoo